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Soins palliatifs. Les leçons duclown Paolo Doss

10 octobre 2009

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Depuis 18 ans, leclown Paolo Doss va auprès desenfants en finde vie hospitalisés. Desleçons de vie reçues en cadeau, il a fait un spectacle de rire et d'émotion.



Comment avez-vous commencé à l'hôpital?
Je suis un autodidacte, je travaillais dans la publicité, quand j'ai décidé de dire dans ma vie des choses qui avaient du sens pour moi. J'étais dans ce nouveau métier depuis quatre ans, lorsque je suis entré pour la première fois à l'hôpital pédiatrique Saint-Luc, de Bruxelles.

Quels enfants rencontrez-vous?
Avec mon collègue, on va, une fois par semaine, voir tous les enfants dans des services très lourds, ils sont atteints de cancers, leucémies, maladies dégénératives... Sans formation, les six premiers mois ont été difficiles; quand je rentrais à la maison, je me demandais pourquoi les gens se plaignaient de leur quotidien, alors qu'à côté, des enfants luttaient contre la mort. On ne va pas auprès des enfants en sacrifice, j'ai du plaisir à aller à leur rencontre. Mais, pour recharger ses batteries, il est important de se ressourcer.

Mais de toute cette expérience, vous arrivez à tirer un spectacle drôle?
Je ne me considère pas comme un humoriste qui est prêt à tout pour que le rire fuse. Moi, je suis un clown, et tout ce que je suis sur scène est fonction des blessures que j'ai reçues ou touchées du doigt. Même en tant que clown, on ne s'habitue pas à la souffrance, on arrive seulement àlui donner un sens. La force du clown est de se montrer fragile, de venir avec cette fragilité et cette humanité. Même avec une formation, on n'a pas de cuirasse en Gore-tex.

Dans fin de vie pour vous ily a surtout le mot vie?




Des enfants ont besoin de rire, d'autres d'une présence ou d'une écoute ou encore de parler. Il n'y a pas de recettes.
Une personne me demandait comment je pouvais aller faire le clown auprès d'un enfant dont je savais qu'il ne serait plus là la semaine prochaine. Je lui ai répondu qu'elle aussi allait mourir. Que ce soit à8ans ou à100ans, au niveau de l'éternité, il n'y a pas de différence. Cen'est pas de la fin de vie, mais de la vie, et tous ces enfants qui sont partis nous ont donné de la vie jusqu'à leur dernier souffle. Mon spectacle commence par «La vie est belle».

  • Propos recueillis par Catherine LeGuen
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