Samedi du porc. Les 16 es grondissants !
Le seizième concours du « Cri du cochon » de Milizac a encore tenu toutes ses promesses. Samedi, 15 crieurs ont fait hurler... de rire plus de 3.000 personnes.« Fermez les yeux, écoutez... Ça c'est du vrai cochon. C'est vachement bien imité non ? ». Porc sûr qu'on s'y croirait dans la porcherie ! Le grouïk est subtilement dosé, l'alternance basse grave et l'aigu en altissimo légèrement amené par les artistes. Ne rajoutez pas d'huile, c'est du gras à souhait !
La fête du « Cri du cochon » à Milizac, c'est ça : un savant cocktail de ripaille, de gauloiseries et d'humour à la bonne franquette.
Les habitants du carrefour au plus célèbre concours de « Cri du cochon » ne rateraient pas l'occasion pour un sou. À moins qu'on ne leur offre un billet, gratos, pour le concours du cri du kangourou en Australie.
30 cochons grillés servis sur 2.300 plateaux
Pendant que les papas et mamans festoient, les lardons courent partout.
Sur la scène, c'est le chantier du grouïk. Les concurrents poussent si fort dans le micro qu'on les entend jusqu'au bout du village. Mais le succès de la kermesse vaut aussi bien par la qualité de ses repas. Près de 2.300 plateaux ont été servis, après que 30 porcs aient grillé toute la journée dans le champ d'à côté. « Ça fait 1.500 kg de viande tout de même », relève fièrement Gilles Appery, l'ancien organisateur en chef. Et pas un bout de gras n'est venu entraver le déroulement de l'événement.
L'honneur est revenu à la fanfare « funky » d'Efferalgang d'accueillir les convives. Pendant qu'une quinzaine d'athlètes s'inscrivait auprès du jury de la porc académie, le groupe Comm'un accord a accompagné le gigantesque banquet.
Jonathan : vainqueur !
Vers 22 h 30, place au concours. Chaque crieur, face au public, a eu 20 secondes pour « séduire » l'assistance. À l'issue du premier tour, six candidats sont sortis du lot. Parmi eux, la plus ravissante compétitrice, Emeline Arzel, âgée seulement de 11 ans. Sa maîtrise du « roïnk, ïïïk, ïïïk » était magistrale. Elle terminera deuxième. Il y avait également Pascal Vrot, spécialement venu de Honfleur, « parce qu'il connaissait le concours grâce à Internet ». Ancien vainqueur du trophée à Vitré, et participant du concours au Salon de l'agriculture, il terminera sixième. Déçu, il glissera en groin, « que d'abord ils ne savent même pas faire le cri du cochon ». Fier d'avoir participé, il aura pu noter que le niveau était élevé.
Exit, Baptiste Gergaud, l'ancien vainqueur, le final s'est joué entre Emeline, Lionel Carette, de Briec, et Jonathan Pelennec, de Milizac. Ce dernier l'a emporté, à force de décibels.
Quant à Alexandre Castel et Denis Mao, efficaces et réguliers, il leur manquait le dernier « p'tit coup de lisier du fond de la gorge », qui fait la différence.
Car le premier, lui, même son cri avait de l'odeur.