4 novembre 2009
Un groupe de jeunes précaires s'était installé, enoctobre, dans une maison inhabitée deSaint-Martin. Depuis hier, ilssont sous lamenace d'une expulsion qui peut être ordonnée àtout moment.
Inhabitée depuis plusieurs années, la maison du 23 ter de la rue Bruat, à Saint-Martin, est occupée depuis le 12octobre par une dizaine de jeunes gens, précaires, chômeurs ouétudiants. Même si, témoigne l'un d'eux, «des voisins nous ont dit qu'ils étaient plutôt contents de voir que les volets avaient été rouverts, après tant d'années», l'installation du groupe n'a pas été du goût des propriétaires. Ceux-ci, selon les actuels résidants, auraient le projet de créer là trois appartements, aidés en cela par des subventions versées dans le cadre de l'opération de rénovation du quartier deSaint-Martin. «Dès le début, raconte un proche des occupants des lieux, il y a eu un certain harcèlement pour que tout le monde s'en aille. Puis Veolia acoupé l'eau, bouché la vanne et refusé tout abonnement au réseau d'eau publique. Et EDF a également fini par couper l'électricité». Finalement, un huissier a signifié au groupe de squatters qu'ils étaient convoqués au tribunal le 5novembre. Mais entre-temps, avant-hier, des policiers leur ont remis un arrêté préfectoral leur indiquant qu'ilsdevaient avoir quitté les lieux sous les 24heures. S'attendant àêtre expulsés à tout moment, àcompter d'hier à 11h du matin, les habitants ont, par prudence, entrepris, lundi soir, de déménager une partie de leurs biens, avant d'organiser, hier, un rassemblement festif et unrepas collectif pour contester cette expulsion.
«Une question d'humanité»
L'avocat des squatters estime qu'ilappartient au tribunal et non au préfet de trancher dans cette affaire. «Une mesure d'expulsion avant que le juge ne se prononce serait scandaleuse, affirme Me Rustique. Il n'est pas question, ici, de remettre en cause un droit de propriété, mais, simplement, de réclamer pour mes clients un peu de temps et des mesures d'accompagnement. C'est une question d'humanité, d'autant que la loi qui interdit d'expulser un locataire du 1ernovembre au 15mars ne s'applique pas aux squatters... Leur décision de s'installer dans cette maison n'a fait que répondre à une nécessité». Le mois dernier, la police était déjà intervenue pour mettre un terme ausquat d'une maison promise àladémolition au 24 de la rue Yves-Collet.
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