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Prothèses PIP. Les premiers doutes émis en 2007

26 janvier 2012

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Seulement quatre femmes opérées au CHRU de Brest ont reçu des prothèses PIP en 2001. Le Pr Hu, chirurgien, n'avait pas fait le choixde cette marque, mais sans avoir de doute sur leur innocuité.

À l'hôpital, le choix d'un matériel implantable passe par un appel d'offres. En 2001, le CHRU a lancé un appel pour des prothèses mammaires et quatre laboratoires, dont PIP, ont répondu. «Nous avons alors reçu des prothèses venant de chaque laboratoire pour les tester dans le cadre d'essais cliniques. Au final, notre choix s'est porté sur des prothèses d'un autre laboratoire français pour les prothèses àvisée esthétique, parce qu'elles sont meilleures au point de vue de la texture et de la souplesse, et sur une marque américaine pour les reconstructions après cancer du sein parce qu'elles reproduisent un sein plus naturel», dit le Pr Weiguo Hu, spécialiste de la chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique au CHRU de Brest. Seulement quatre femmes ont donc reçu des PIP au CHRU, deux à visée esthétique et deux à la suite d'un cancer du sein. L'une des quatre a déjà été opérée pour retirer des PIP à la suite d'une rupture, deux autres vont l'être bientôt, et la quatrième, éloignée de Brest, mais qui a bénéficié d'examens poussés qui n'ont rien révélé d'anormal, a décidé d'attendre son retour pour explanter sa prothèse. «Iln'y a pas d'urgence absolue àles enlever». Sept autres patientes porteuses de PIP posées dans un autre établissement ont aussi été explantées àLa Cavale-Blanche.

Trop de ruptures

«Ce n'est pas un doute sur les prothèses PIP qui nous a fait choisir d'autres marques, mais les qualités que l'on a trouvées aux deux autres. Lors de nos réunions entre chirurgiens plasticiens, nous échangeons sur nos résultats et nos pratiques, et ce n'est qu'en 2007-2008 que l'on a commencé à avoir des doutes sur les PIP, parce qu'elles présentaient un plus fort taux de rupture : entre 5 et 6%, ce qui est beaucoup à moins de cinq ans. Une prothèse doit rester stable 10 à 15ans. Mais on ne savait pas, àl'époque, que le gel utilisé n'était pas conforme, on ne sait pas d'ailleurs à partir de quand le gel industriel a été utilisé». Par extrapolation, on estime qu'environ 1.200 Bretonnes porteraient des prothèses PIP.

  • Catherine Le Guen
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