PS brestois. Deux militants dénoncent son « verrouillage »
Deux des militants du PS brestois dénoncent une absence de pluralité dans les scrutins internes d'avant-hier. Parlant de « verrouillage », ils s'en prennent directement à Marc Coatanéa.
Après les propos de François Cuillandre sur l'état du PS, nouvelle épine dans la tige du parti à la rose... Gérard Foricher, 57 ans, et Pascal Hamon, 54 ans, ont adhéré au PS voici trois ans, leur emploi du temps leur en laissant désormais le loisir. « Jusqu'à ce moment-là, nous ignorions tout du fonctionnement interne du parti », déclare le premier, qui explique ne pas avoir pu se présenter au poste de secrétaire de section sur le secteur Lambé-Bellevue-Europe, où tous deux militent et ont soutenu la motion C de Benoît Hamon.
« En principe, poursuit-il, les candidats à cette fonction devaient se faire connaître avant le 8 novembre. Pour ma part, c'était fait dès le 7 octobre... Or, j'ai appris mercredi soir qu'il n'y aurait pas de bulletins à mon nom et que les militants n'auraient pas d'autre choix que de voter pour Rébecca Fagot ».
« De quoi trouver
à y redire »
« Il n'est pas question de mettre en cause sa personne ou ses compétences, mais il y a de quoi trouver à y redire de la part d'un parti qui donne des leçons de démocratie aux autres formations, mais ne se comporte pas mieux... Je compte saisir la commission des conflits sur ce sujet ».
Pour les deux hommes, les choses sont claires : « En fait, affirme Pascal Hamon, tout était verrouillé d'avance par le secrétaire du comité de ville, Marc Coatanéa, qui avait veillé à placer lui-même ses candidats ». L'accusation portée contre celui qui est devenu jeudi soir premier secrétaire fédéral du PS est lourde : « Dans son cas aussi, un seul candidat... La concurrence de Nicolas Morvan n'était pas sérieuse : lors du congrès fédéral du parti à Carhaix, nous l'avions entendu déclarer à la tribune qu'il voterait Coatanéa... En fait, ils s'étaient entendus entre eux ».
« Se créer des obligés »
Par leur démarche, les deux militants déclarent avoir « bien conscience de monter sur l'autel » et de « mettre les pieds dans le plat » : « Nous voulons que le PS devienne plus démocratique et qu'il en finisse avec le cumul des fonctions à tous les niveaux et avec l'habitude qu'ont ses responsables de se créer des obligés à tous les échelons ».
Interrogé, hier, sur le cas de l'élection au poste de secrétaire de section sur Lambé-Bellevue-Europe, Marc Coatanéa explique que « Gérard Foricher était, comme Rébecca Fagot, sur la motion C. Il n'était pas question de présenter deux candidats de la même tendance. Nous avons laissé la motion C s'organiser en son sein. Elle a fait son choix... ».