Policier blessé par un motard : reconstitution à Bellevue
La vie de deux hommes a basculé le 11mars 2011. Ce jour-là , vers 16h15, des policiers procèdent à un contrôle de routine sur l'avenue de Tarente, à Bellevue. Arrive une moto de grosse cylindrée, venant de la direction du Bouguen et semblant rouler à vive allure. Un des policiers se met alors au travers de la chaussée, à hauteur de la rue du Dauphiné, pour la forcer à s'arrêter. Mais lefonctionnaire, âgé de 51ans, est heurté de plein fouet. Très grièvement blessé au bassin et aux membres inférieurs, l'homme n'est pas encore rétabli, plus de dix mois après les faits. Le motard, qui circulait sans permis, l'a-t-il heurté délibérément ou s'agit-il d'un «simple» accident, le pilote du deux-roues ayant été surpris par la présence du policier? C'est à cette question essentielle que tentera de répondre la juge Céline Verdier, qui a orchestré une reconstitution, hier après-midi, en présence d'un impressionnant service d'ordre, du procureur Phelippeau et des avocats des deux parties, MesBertrand Labat et Ronan Appéré.
Le jeune détenu en région parisienne
Le pilote de la moto, tombé sur la chaussée après le choc, avait pris la fuite à pied, laissant derrière lui son casque et une botte. L'identifier a été un jeu d'enfant. Par contre, l'interpellation de cet homme de 28 ans a été facilitée par un coup de chance. Un mois et demi après les faits, ils'est fait surprendre pour un excès de vitesse, sur l'autoroute A10, à proximité du péage de Saint-Arnoult, auvolant d'une Clio cette fois. Hier, le jeune homme, actuellement détenu en région parisienne, aété transporté à Brest. Lepolicier, qui vient de subir une nouvelle opération en début de semaine, n'a pu être présent.
Les mécaniques d'une filouterie ratée
Pourquoi changer ses habitudes? Le 16décembre, ce Brestois de 28 ans, condamné à de multiples reprises pour vol et recel, comparaissait devant la juge Verdier pour avoir subtilisé des outils de bricolage dans un magasin spécialisé... et tenté de les revendre sur un site Internet de bonnes affaires. Et hier, coup de théâtre (ou pas): le jeune homme fait son entrée dans la salle d'audience pour le même type de recel. Même pseudonyme, même numéro de téléphone portable, «sauf que cette fois, il s'agit de pièces de scooter, note le président du tribunal. Pièces que le commerçant a bel et bien identifiées sur l'annonce». Comme de bien entendu, l'argument du prévenu ne change pas d'un poil: «Je les ai mises en vente pour un copain». Mais le juge Le Coq s'interroge sur «l'étrange déroulement» de la perquisition: «Quand les policiers sont entrés chez vous, vous avez brandi un couteau de cuisine. Ils ont dû sortir leur Taser!». Prétextant la panique, le prévenu ne se démonte pas: «De toute façon, les pièces qu'ils ont trouvées, c'étaient les miennes. J'avais même les factures». Documents en main, le parquet constate que celles-ci sont toutes en règle, «sauf une, dont l'origine reste trouble». Pour ces faits, le président du tribunal prononcera la relaxe, et s'empressera de rappeler au jeune: «Vous savez, ça ne joue pas en votre faveur, de refuser de dévoiler le nom de votre "copain"». Ce à quoi le prévenu répondra: «Bah, c'est comme ça».
La facture ne passe pas
Et comme certaines habitudes peuvent être vraiment tenaces, Julien Rouland a comparu une seconde fois, hier, pour un nouveau larcin. Là , pas de site Internet mais une banale histoire de pneus dérobés. «J'étais devant mon lieu de travail, se souvient la victime, quand j'ai reconnu sur une autre voiture les jantes des pneus qu'on m'avait piquées». Sachant que les jantes et pneus en question avaient été achetés avec le véhicule... Hors de lui, plus maladroit que jamais, le prévenu monte dans les tours et nie farouchement. On lui rétorquera: «Lors de votre interpellation, vous avez quand même indiqué aux policiers que vous vouliez bien "restituer" les pièces. Alors, permettez-nous d'avoir quelques doutes!». Plaidant à nouveau la relaxe, MeLe Tallec affirme que son client avait acheté les pneus 250EUR sur Internet. «Et c'est lui-même qui a rédigé la facture...», soupire le juge Le Coq. Sans grande conviction, l'avocate tentera bien d'assurer que le vendeur en question était «illettré» (sic). Mais l'argument désespéré ne prendra pas. Outré, le parquet dénonce «le cirque délirant» du prévenu, qui «a bien essayé de prendre tout le monde pour de parfaits idiots». Aussi Julien Rouland écopera-t-il d'une peine plancher. Un an de plus viendra donc s'ajouter à la peine déjà lourde qu'il purge actuellement en maison d'arrêt.
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