Phare du Stiff. Ses habitations ressuscitées
Le vieux phare du Stiff faisait grise mine, après que lui aussi fut passé en gestion automatique. Depuis 1993, ses habitations tombaient en ruine. Aujourd'hui il revit, grâce à l'intervention du Conservatoire national du littoral.
Le phare du Stiff peut de nouveau briller fièrement, du haut de ses 33 mètres. Petit rappel : le Stiff figure parmi les phares les plus anciens de France, le premier construit sur l'île et allumé en 1700 par Vauban. Son éclat porte jusqu'à 20 milles des côtes et marque le passage de l'Atlantique à la Manche.
Il retrouve sa jeunesse
Lorsque le service des Phares et Balises se prépare à mettre en vente les bâtiments annexes, le conservatoire du littoral, soucieux de préserver le patrimoine de l'île, a proposé plusieurs solutions pour sa réhabilitation. L'opération récolte en plus l'adhésion du ministère de l'Équipement.
Vérolées par la mérule, les deux annexes qui servaient d'habitations aux gardiens ont retrouvé leur jeunesse. L'un des défis à relever fut de « redonner vie à l'endroit, sans le sanctuariser », dira Jérôme Pignon, président du Conservatoire du littoral. La première habitation abritera des expositions, accessible tous les jours de l'été. Honneur à Michel Berthelé, dernier gardien à avoir quitté le phare en 1993 (lire ci-dessous) car la présentation le concerne.
Le deuxième bâtiment héberge de façon permanente le conservatoire des abeilles noires d'Ouessant.
Un vrai paradis
pour les abeilles
Curieusement, l'île constitue un vrai paradis pour les abeilles, dont une en particulier : l'abeille noire. 70 ruches assurent la survie de l'espèce, bien loin des pollutions connues sur le continent. L'abeille souffre précisément de l'utilisation des pesticides, en agriculture « et surtout du Varroa, un parasite qui fait des ravages dans les ruches », explique Jacques Kermagoret, président du conservatoire de l'abeille noire. Né il y a 20 ans, le conservatoire est connu de toute l'Europe pour la qualité de ses souches de reproducteurs. Chaque année, deux tonnes et demie de miel sont produites grâce aux bruyères et aux ajoncs.
Un autre site a également été aménagé, avec le concours du centre d'étude du milieu d'Ouessant. Il s'agit d'un sentier côtier, dont le départ est situé au pied du phare du Créac'h. Parmi les plus puissants phares du monde, son éclat est visible à 44 kilomètres au large. Il abrite aussi le musée des Phares et Balises.
À noter
Coût total du projet : 600.000 €, dont 230.000 € de fonds européens, 190.000 €
du Conservatoire du littoral et 180.000 €
de fonds privés.