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Brest ville

Océanopolis. Irène Frain en invitée d'honneur

31 octobre 2009

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La romancière Irène Frainsera demain,à Océanopolis, l'invitée duFestivaldu filmde l'aventure océanographique. Entouréede scientifiques, la Lorientaise évoquera avec passion l'océan Indien.



Pourquoi avoir accepté l'invitation du festival d'Océanopolis?
D'abord parce que c'est un endroit que j'aime beaucoup, absolument exceptionnel, qui allie l'esthétique à la pédagogie, avec une évolution perpétuelle. J'aime l'atmosphère scientifique dans laquelle baigne la ville de Brest. Les Brestois sont en pointe sur ces sujets. En venant, j'ai un peu l'impression d'être à la proue de l'Europe.

Quel est votre lien avec l'océan Indien?
C'est une zone où je me rends très régulièrement depuis 30 ans. Je vais en Inde deux ou trois fois par an. J'étais au Sri Lanka quand j'ai entendu parler de l'île Tromelin et du naufrage de l'Utile. Un capitaine à la retraite avait collationné tous les documents sur cette histoire. En lisant les récits du naufrage, j'ai été enthousiasmée. Pour inscrire cette histoire dans mon corps, je me suis rendue sur l'île. J'ai profité d'une rotation militaire: les militaires français venaient relever les météorologues en poste sur l'îlot. J'y ai passé quatre jours. C'est un endroit d'1,3km de long sur 700m de large. Très beau vu du ciel. Quand j'ai débarqué du Transall, j'ai été frappée par l'aspect lunaire des lieux. Le bruit perpétuel des vagues, ces déferlantes tellement puissantes. La soif qui vient très vite dans cet air si salé.

On est loin de la carte postale des vacances...
Effectivement. Sans compter les cyclones qui balayent l'hémisphère sud en janvier-février. Le plus grand danger sur cette île, ce sont les troubles psychologiques qu'elle provoque. L'homme est le seul mammifère sur ce bout de terre. Il y a un tel isolement. C'est un endroit qui peut rendre fou. C'est pourquoi les météorologues doivent être relevés toutes les six semaines. Sur place, il n'y a rien pour commémorer l'histoire de ces esclaves qui ont été abandonnés làen1761. Il reste l'ancre de l'Utile sur le sable. Je me suis photographiée devant, en geste de mémoire.

C'est de cela que vous parlerez, demain?
Je répondrai aux questions. Jeserai entourée d'éminents scientifiques: historien, biologiste, ethnologue... Des gens qui s'y connaissent bien mieux que moi. Je pense que je vais apprendre un tas de chose sur l'océan Indien. Tout ça me plaît bien.

  • Propos recueillis par Aurélie Le Pape
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