Saint-Nicolas. Opération Pétardements
Depuis mardi, la pyrotechnie Saint-Nicolas procède à une première dans son enceinte : la destruction sur place de munitions périmées.
La pyrotechnie de Saint-Nicolas, au Relecq-Kerhuon, qui assure le stockage, la maintenance et la délivrance des munitions aux unités basées dans la région Atlantique, procède à des contrôles réguliers du matériel entreposé dans ses installations.
Des contrôles qui révèlent parfois des anomalies.
Dans le temps
au large d'Ouessant
C'est pour cette raison qu'elle procède actuellement au pétardement, sur son site, d'obus dont le transport ne pouvait se faire dans des conditions optimales de sécurité.
Depuis mardi, les démineurs de la pyrotechnie sont entrés dans la phase active d'une opération qui constitue une première pour l'établissement.
Habituellement, en effet, les munitions déclassées et vouées à la destruction sont remises à des sociétés externes, spécialisées dans ce genre d'opérations et qui en assurent la désintégration. Il est bien révolu le temps - il y a environ 15 ans encore - où les barges ou le Falleron allaient décharger, dans une fosse, au large d'Ouessant, les munitions hors d'usage. Désormais, des appels d'offres sont lancés auprès de sociétés prestataires européennes spécialisées ; c'est la pratique courante.
Toutefois, lors d'un contrôle, un lot de 306 obus s'est révélé suffisamment dégradé pour ne pouvoir être enlevé et transporté vers des sites où la destruction pourrait se faire en toute sécurité. Des obus de mortier fabriqués dans les années 50, du même type que ceux utilisés lors de la guerre d'Algérie.
Des études ont donc été menées pendant neuf mois, puis la décision a été prise de procéder « in situ » à leur pétardement.
Une opération qui ne pouvait se faire qu'en observant de strictes mesures de sécurité (lire ci-dessous).
Rien au hasard
Les démineurs, sous l'autorité de Patrick Bizien, spécialisés dans ce genre d'opérations - une centaine de tirs l'an dernier, sur divers sites - ne laissent rien au hasard. Ainsi que le souligne l'Iceta Jean-Yves Gouzien, commandant la pyrotechnie, « toutes les précautions sont prises pour éviter les accidents de personnel et les atteintes à l'environnement ».
En fonction de la météo, l'opération ne pouvant avoir lieu par temps d'orage, par exemple, les opérations devraient se poursuivre jusqu'en fin de semaine prochaine.
La pyrotechnie, qui a effectué, dans un passé récent, d'importantes opérations de déminage, à Roscanvel, à l'île Cézembre, en face de Saint-Malo et au Portzic, n'a connu qu'un grave accident, en 1957, qui avait causé la mort de trois ouvriers.