30 mars 2009
Une sacrée personnalité a posé ses bagages en ville quelques instants, ce week-end : la New-Yorkaise EveEnsler, mondialement célèbre depuis qu'elle a écrit «LesMonologues du vagin». Ces textes, plus ou moins longs, sont joués par des milliers de femmes de par le monde, chaque année. Joués... et lus. Une contrainte pour certains, peut-être, mais surtout une volonté délibérée et le moyen de rappeler à chaque instant que les paroles entendues par le public sont des témoignages délivrés à l'auteure. Des tranches de vie rapportées lors de plus de 200entretiens menés auprès de femmes d'origine géographique, d'âge et de milieu social variés.
Résilience
Émotion et foule vendredi, chez Dialogues, lorsque Eve Ensler rappelle l'origine de son implication dans la lutte contre la violence faite aux femmes et aux filles : l'inceste imposé par son père, pendant son enfance, et les violences infligées par son ex-mari. Les «Monologues» ont joué un grand rôle dans sa reconstruction psychique : elle n'a de cesse d'affirmer qu'il faut «briser le silence», mettre des mots sur les maux. Ce qu'on appelle à présent larésilience, la capacité à se sortir des épreuves de la vie.
«Les aventures de ce fabuleux vagin»
Présente à la librairie, la journaliste Moïra Sauvage a retracé, dans «Lesaventures de ce fabuleux vagin», l'épopée du V-Day, le mouvement fondé par l'Américaine dans le but d'arrêter la violence. Émotion encore, humour et énergie communicatifs, samedi matin, à la mairie, quand, dans la langue de Molière ou avec l'aide d'une traductrice, Eve Ensler encourage l'assemblée majoritairement féminine àpoursuivre son action : «La France est en train de devenir l'un des endroits les plus forts pour le vagin!».
À guichets fermés
Émotion toujours quand l'écrivaine et activiste rejoint Geneviève Robin ?metteur en scène et pivot des V-Days finistériens depuis 2004? au micro pour une version bilingue, français-anglais, du dernier monologue, «Baptisée». Le rappel percutant de notre responsabilité commune dans le drame qui se joue depuis les années90 en République démocratique du Congo, au travers de l'évocation du tragique sort d'une fillette de 8ans, Noella, violée par des miliciens pendant 15 jours. Ces deux voix concluaient la soirée caritative donnée samedi par 26 lectrices bénévoles au Quartz. Àguichets fermés, faut-il noter ! Ensuite, Eve Ensler a demandé aux hommes du public décidés à combattre la violence de se lever pour montrer leur détermination à agir. Une mâle armée pacifique s'est alors formée dans le Grand Théâtre. Tout un symbole.

26 mai 2012 à 06h41