Modes de transport. La petite reine grimpe
Face à la flambée du prix de l'essence, la question des modes de transport devient centrale. Quid, alors, du vélo ? Pour en savoir plus, un petit tour d'horizon des spécialistes du cycle, à Brest, s'impose.
La forte hausse du prix de l'essence incite-t-elle les Brestois à délaisser leurs véhicules pour enfourcher la petite reine ?
« Pas le choix »
Si l'argument écologique pouvait, auparavant, animer la plupart de ceux qui choisissaient le deux-roues, la crise pétrolière pourrait bien avoir changé la donne. Entre un porte-monnaie douloureux et quelques crampes dans les côtes de la cité du Ponant, il semble que les consommateurs choisissent de plus en plus de se dépenser pour ne pas dépenser.
Chez Cycles Ouest, représentant brestois du groupe « Culture Vélo », même si le jeune âge du magasin, qui n'a que sept mois, ne permet pas de comparaison avec les précédentes années, le constat est clair. « Il y a une vraie demande en matière de vélos urbains et de loisir, type VTC », explique-t-on. « Pour ce qui est du loisir, en termes de vente, cela représente à peu près la même chose que les VTT, à savoir près de 30 %. L'électrique a également tendance à se développer. Cependant, il s'agit d'une gamme de prix différents, qui peut faire un peu peur, sachant qu'on démarre vers 1.200 ou 1.300 €. Mais c'est quelque chose qui tend à grossir. Ce qui est certain, c'est que l'on voit apparaître une clientèle qui achète des vélos parce qu'elle n'a pas le choix. À Brest, cependant, beaucoup de gens sont encore obligés de prendre leur voiture, parce qu'ils travaillent en ville mais n'y vivent pas », constatent les vendeurs.
« Deux phénomènes »
Chez Torch' VTT, on tire les mêmes conclusions : « De plus en plus de gens veulent un vélo pour se déplacer. Soit ils équipent leur ancien modèle pour la ville, soit ils achètent un vélo urbain. La progression se fait petit à petit, il n'y a pas d'augmentation phénoménale, mais on entend de plus en plus de gens expliquer qu'ils font le choix du vélo par rapport au coût de l'essence ».
Et les vélos électriques ? « Nous n'en faisons pas, expliquent les responsables du magasin, mais il y a une vraie demande. C'est ce qui se développe le plus ».
« Il y a deux phénomènes, estiment, pour leur part, les responsables du magasin Hobby Cycles. D'un côté, il y a le prix de l'essence, qui pousse les gens à investir dans un vélo. De l'autre, il y a aussi le développement d'une conscience "écolo", d'une envie de préserver la nature. Les deux sont liés, cela dit. De plus en plus de gens s'intéressent au vélo depuis quelques mois et, pour l'instant, tant qu'il fait à peu près beau, les gens l'utilisent pour aller au travail. On verra si ça durera, mais le vélo urbain semble avoir de beaux jours devant lui ».