Médicaments. Accès libre en attente
Le décret autorisant
la vente de 217 médicaments en accès libre dans les pharmacies est paru le 3 juillet. Mais la mesure, facultative, ne peut pas être immédiatement mise en oeuvre dans les officines.
On a pu voir la ministre, Roselyne Bachelot, posant dans une officine parisienne devant un présentoir portant la mention « Je peux me servir, mon pharmacien me conseille ». Mais dans la réalité, l'accès libre aux 217 médicaments visés par le décret est loin d'être en place et ce d'autant plus qu'il ne s'agit pas d'une obligation.
Proche du comptoir
« Je ne vois pas ce que cela apportera, nos prix sont déjà clairement affichés. Tous les médicaments remboursables sont exclus de la liste qui est, par ailleurs, assez curieuse. Et puis je n'ai pas de place dans mon officine », estime Bruno Bazin, pharmacien à Brest. Le texte du décret qui prévoit l'accès libre à ces 217 médicaments précise qu'il faut un espace dédié, à proximité immédiate du comptoir, pour un contrôle effectif du pharmacien. D'autres pharmaciens, disposés à mettre en oeuvre le décret, prévoient un délai. « Ce sera au mieux à la rentrée. Nous n'avons reçu aucune circulaire. De toute façon les laboratoires ne sont pas prêts, il faut que les boîtes de médicaments soient scotchées pour qu'on ne puisse pas les ouvrir », explique Frédéric Guyader, à Saint-Marc.
Dans la galerie du Géant, la pharmacie va s'y mettre : « Ce ne sera pas du libre-service : au moment du paiement, il y a toujours un échange avec le client. On y mettra les médicaments à plus forte rotation ».
À la pharmacie Hayem au centre-ville, on a déjà réfléchi au futur agencement. « Il faudra six mois pour que les laboratoires soient prêts. Certains produits de la liste sont très peu vendus. Les médicaments en France ne sont pas si chers, d'ailleurs il m'est arrivé de voir des Européens en vacances faire des provisions ».
Tarifs avantageux ?
L'accès libre est aussi censé favoriser une baisse des prix. Mais les tarifs les plus avantageux ne sont pas forcément du côté des médicaments non remboursables, dont la TVA est de trois points plus élevée. « Les clients n'hésitent plus à refuser une boîte s'ils la jugent trop chère pour aller l'acheter dans une autre officine », ajoute une pharmacienne. Selon les officines, leur chiffre d'affaires et la provenance de leurs achats, le prix d'un même médicament peut varier du simple au triple. Le pharmacien qui achète directement auprès des laboratoires via un réseau peut avoir des prix.
« Les choses évoluent vite, les patchs à la nicotine étaient sur ordonnance il y a encore un an et demi et aujourd'hui on nous demande de les mettre en accès libre. Avec notre réseau, nous réfléchissons à la création de mobilier spécifique, de fiches- produit à distribuer. De toute façon, on accompagnera toujours la délivrance d'un médicament de nos conseils », conclut Yannick Marzin, pharmacien.