26 février 2009
Le monde universitaire est bousculé par les projets de réformes. Et la fameuse question «Qu'est-ce que tu fais l'année prochaine?» continue de semer la crainte chez les étudiants, qui s'inquiètent pour leur avenir professionnel.
«Jeune diplômé bac+5, en solde»: c'est ainsi que Yannick, 23 ans, a décidé de se mettre en vente sur le site d'enchères Ebay, la mise à prix étant de 1EUR! Façon originale de chercher un emploi pour ce chômeur aux 300 candidatures envoyées, sans succès à ce jour. Cette petite annonce, aujourd'hui supprimée du web, est la preuve de la situation difficile rencontrée par de nombreux jeunes sortant des universités avec une licence, un master, voire un doctorat, en poche et ne trouvant pas leur place sur le marché du travail.
Un jeune sur cinq au chômage en France
L'anecdote ne va pas rassurer cette tranche d'âges (15-24 ans) de la population française la plus touchée par le chômage: une personne sur cinq concernée. L'angoisse est là et ne décroît pas. Il y a trois ans, les étudiants défilaient dans les rues pour manifester contre le contrat première embauche (CPE). Aujourd'hui, c'est au tour des réformes de l'université de semer le trouble.
Quand la fin du cycle universitaire approche, le doute s'installe dans les esprits. Plus particulièrement, avec une diminution de 50% des postes à pourvoir dans la fonction publique dans les années à venir, certains étudiants réfléchissent à deux fois quant à leur projet de carrière. Un nombre d'offres qui diminue d'un côté, des années d'études qui s'ajoutent de l'autre, avec la mastérisation des métiers de l'enseignement. Conséquence de l'inquiétude, les étudiants choisissent parfois une orientation pour ses débouchés. Julie, 22 ans, en master de toxicologie, explique: «J'ai choisi cette voie principalement pour ses nombreuses issues. Mais je serai toujours inquiète, jusqu'à ce que je trouve un boulot. Vu le climat actuel en France, ce n'est pas une bonne chose d'être au chômage en ce moment».
Un accompagnement à l'insertion professionnelle
Le cercle vicieux du manque d'expérience professionnelle s'empare souvent des jeunes diplômés: pas de kilomètres au compteur, donc pas de travail, et ainsi de suite. Une alternative efficace à ce problème est bien entendu le stage, obligatoire pour entrer en master de droit par exemple. Mais il est toujours difficile d'aménager, dans son emploi du temps, un ou deux mois pour une occupation non rémunérée. Le service d'insertion professionnelle de l'UBO (Suaoip) propose actuellement un «accompagnement renforcé vers l'emploi», dans les six mois qui suivent l'obtention du diplôme, pour aider l'ancien étudiant à devenir un futur travailleur.
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