Monsieur Willy Ronis, 73 ans de photographie
En 1992, le photographe Willy Ronis, séjourna sur l'île. Aujourd'hui âgé de 98 ans, il se souvient de cette quinzaine alors qu'il venait d'effectuer, à 82 ans, son premier saut à parachute.
Quel souvenir avez-vous gardé de ce séjour ?
C'est mon ami photographe Jean Mourot, alors propriétaire de l'ancienne boulangerie de Molène, qui m'avait invité. J'ai conservé le souvenir d'un séjour plaisant, notamment, du fait de l'entourage des amis et des camarades. Sans être bouleversant, le paysage molénais m'avait semblé intéressant. Et puis c'est tellement agréable et amusant, une île dont on fait le tour sans se fatiguer.
Étiez-vous là pour le travail ou la détente ?
Pour le loisir, mais j'ai quand même un peu travaillé car mon appareil photo ne me quittait jamais. À Molène, j'avais essentiellement fait du paysage, mais ces images n'ont jamais été montrées (*). Quand on est dans le métier, on fait beaucoup de photos. Pour la Bretagne, ce fut comme pour le reste, une grande partie de ce que j'ai réalisé au Val André, dans les abers ou à Locquirec, où je me rendais avec ma femme pour les vacances, n'a jamais été publiée.
Comment vivez-vous le fait de ne plus faire de photographie ?
Je n'ai pas vraiment décroché, je passe du temps dans mes archives. Mon oeuvre et mes travaux m'occupent par l'intermédiaire de l'agence Rapho qui me sollicite pour des expositions ou des publications. Des raisons physiques me privent aujourd'hui de la prise de vue. Il faut dire que j'ai 98 ans. Vous savez, j'ai fait de la photo pendant 73 ans de mon existence et je n'ai donc pas vraiment le sentiment d'en avoir été brusquement dépossédé.
* Il n'a hélas pas été possible de présenter toutes les images molénaises de Willy Ronis, qui ne peut plus accéder à l'appartement (perché au huitième étage sans ascenseur) où elles se trouvent.