Invité d'honneur. Didier Decoin, au nom du père
Membre de l'Académie Goncourt, scénariste et écrivain, Didier Decoin était, ce week-end, l'invité d'honneur du salon du livre de la marine.« À travers la rédaction de ce livre, je me suis rendu compte du peu de chose que je connaissais de mon père. C'était quelqu'un à la fois d'admirable et de très discret, qui n'aimait pas parler de lui-même ». À l'évocation de son cinéaste de père, Didier Decoin peine à dissimuler la fierté et l'amour qu'il ressent pour « ce personnage hallucinant ». « J'étais très proche de lui et je connaissais son caractère à 100 %. De son passé, en revanche, je ne connaissais guère plus de la moitié ».
Un an et demi de travail (recherches de témoignages, lectures d'archives, etc.) a été nécessaire au scénariste de « I comme Icare » pour parachever ce livre testament, comme un « cadeau fait à (ses) enfants, eux qui n'ont jamais eu la chance de connaître leur grand-père ».
Sportif et intellectuel
« J'ai, par exemple, découvert qu'il avait eu un frère, mort à l'âge de vingt ans pendant la guerre et auquel un livre avait été consacré. Ou encore qu'il avait été capitaine de l'équipe de France de water-polo aux Jeux Olympiques de Stockholm en 1912. » Des éléments venus s'ajouter au CV de Decoin senior comme autant d'étoiles dans les yeux de son fils.
Sportif de haut niveau - il fut également champion de France du 500 m nage libre en 1911 -, chef d'escadrille pendant la Grande Guerre, écrivain, journaliste sportif, organisateur de combats de boxe et réalisateur de plus de 80 films (dont « Razzia sur la chnouf », avec Jean Gabin), Henri Decoin est de ces personnages que l'on associe à une France en noir et blanc, celle des « Tontons flingueurs » et des femmes tenants haut et fier leur porte-cigarettes.
Le genre d'hommes dont on se demande comment ils ont fait pour accomplir tant de choses en l'espace d'une simple vie.
« Lorsque mon livre est sorti, le journal "Le Monde" lui a consacré une pleine page. Mais ce n'était pour moi qu'ils l'ont fait, mais bien pour mon père. J'étais tellement fier pour lui ! », continue celui qui a notamment scénarisé les sagas télévisées « Balzac », « Napoléon » et « Les Misérables ».
L'amour de la Bretagne
et du romanesque
Mais sa présence à Brest, ce n'est pas à son père, mais à la mer, que Didier Decoin la doit. Lui, l'auteur de « Louise », roman ayant pour décor Saint-Pierre et Miquelon et adapté à l'image par France 2 l'année passée.
« Au sud de la Loire-Atlantique, je commence à perdre mes repères. J'aime la mer et la pluie, et j'aime la Bretagne pour son côté granitique et rugueux.
Et il faut dire que lorsque, comme moi, on aime le romanesque, la Bretagne est une région que l'on trouve forcément fabuleuse ». Assurément.