Foot. Cinq succulentes raisons d'aller voir Brest-Vannes
Brest-Vannes, convenu à 20 h demain soir, sera forcément un grand match.
Voici cinq raisons et pas une de plus pour se convaincre de ne pas rater l'événement.
1- On dirait le Sud
Vannes, ce n'est tout de même pas la porte à côté. Les géographes, qui sont des hommes de pratique et de science fine, auront à ce sujet une querelle d'esthète avec des cadres administratifs qui ont tôt fait d'englober les deux villes dans la même région. Ils se disputeront en bonne entente avec les héritiers des relativistes qui objectent que Vannes est tout de même moins loin de Brest que Montpellier, voire Oulan Bator. Et les géographes triompheront en arguant que Vannes est une ville de sud breton où le pin parasol du grand golfe de la petite mer (mor bihan, s'empressera le linguiste) pousse plus volontiers du côté d'Arradon que des dunes du Conquet où le genêt fleurit. Le sud breton, ce sont les alignements de pierre, des glaces en bord de plage, un premier baiser vers Damgan et une équipe de foot toute neuve. Ce n'est tout de même pas le même tropisme qu'en cette latitude.
2- Le retour des Michel
Ce premier match de football professionnel et officiel entre Brest et Vannes aurait sûrement inspiré Bénabar, qui voyait des Michel partout dans les émissions de variétés des années 70. Il en va de même pour l'assidu du stade Le Blé, qui va retrouver ce vendredi l'ancien président Michel à qui a succédé le nouveau président Michel et qui est aujourd'hui devenu le président Michel, mais de Vannes, il ne faudrait pas exagérer. Toujours est-il qu'il semblerait que Michel et Michel s'entendent comme larrons en foire et donneraient le coup d'envoi ensemble sous les yeux d'une arbitre que nous appellerons Guitoune, afin de ne pas s'emmêler.
3- Derby mon amour
Le cadre administratif ayant déposé une réclamation en trois exemplaires afin de contester la primauté du géographe, il est prudent de lui laisser la parole afin qu'il assène que ce match doit être absolument qualifié de derby (circulaire 12.365), comme le veut le code du sportif pratiquant qui voit des derbies partout, dès que le kilométrage s'amenuise. Le supporter ne saurait objecter que le seul derby, c'est Guingamp, sous peine d'amende.
4- On continue
à l'appeler Richard
Il est des mystères que seul le philosophe ermite peut résoudre. Ainsi un homme du côté des monts d'Arrée s'est-il enfermé dans une grotte peu confortable pour tenter de percer le mystère du Richard Socrier. Il a sorti des encyclopédies et potassé des traités d'astronomie afin d'entrevoir la Vérité : comment se fait-il que l'avant-centre brestois, aujourd'hui agile et habile, élégant et astucieux, buteur et passeur, chanceux et forceur de verrous, continue à se faire appeler Edward sur les feuilles de match ?
5- Il reste des places
Comme il serait dommage de rater le match pour les raisons susvisées, on nous prie d'insérer que le stade n'est pas encore plein comme l'oeuf qui n'attend que cela. C'est une honte !