Carène. Le bel organe de Sébastien Tellier
On en avait très envie. Le French Lover décalé a fait mouche en ouverture du concert de vendredi soir. Pas mieux pour chauffer la salle et lancer la deuxième torride nuit d'Astro.Longue nuit d'amour évidemment pour le dernier représentant français de l'Eurovision. Derrière ses lunettes noires, sa barbe et ses cheveux longs, le personnage au look « cabalistique » était en forme, toujours aussi porté sur la chose.
Son fil rouge ou plutôt rose à l'image de son pantalon de scène ? Le sexe et tout, absolument tout ce qui trame sous la ceinture, dans un univers bien à lui, une signature aux chansons des plus écrites. Sa belle voix et ses morceaux les plus intimes brouillent encore plus les pistes d'un jeu aux mélodies des plus léchées.
Réfrigérante M83
L'Antibois Anthony Gonzales (M83, du nom d'une lointaine galaxie) poursuivait les ébats mais faisait aussitôt retomber le soufflet. Aux limites de la panne. Absolue transparence scénique après le dandy Tellier. Pas un regard, pas un mot pour le public. Les mélodies du Français, parti vivre et travailler aux États-Unis, ont eu du mal à percer vendredi.
Deux ou trois morceaux plus enlevés ont malgré tout sauvé la prestation de l'étoile montante qui peine, décidément, à s'imposer sur ses terres. Au moins sur scène, à l'inverse de ses albums, véritables pépites aux étonnantes montées stratosphériques.
La boule tourne
Heureusement que les Australiens de Midnight Juggernauts remettaient du jus avec leur batteur de hard rock, leur costaude ligne de basse et leur grand échalas-chanteur s'échinant sur le Korg. Du son, une ambiance plus club et une salle à nouveau déhanchée.
Les Juggernauts laissaient le coup final aux Français de Poni Hoax bien calés dans l'esprit de la fête. Pendant qu'au club, la petite salle de la Carène en fusion sous les doigts experts du mythique DJ Carl Craig, on n'en finissait plus de s'agiter sous la boule à facettes.