Arthur H. « J'aime faire les montagnes russes »
En tournée depuis la mi-octobre, Arthur H fera escale demain, à Brest. Avec, dans son sillage, l'univers à la fois absurde, énergique et bigarré qui fait sa marque de fabrique.
Vous présenterez, demain, au public brestois, « L'homme du monde », votre 12 e album. Quels sont les ingrédients que vous y avez mis ?
J'y ai mis pas mal d'excitation. C'est un disque que j'ai fait en me disant : « On est là, et c'est le bordel. Qu'est-ce qu'on peut faire d'intéressant, de constructif ? ».
Derrière une façade tout à fait guillerette, on retrouve des références à des événements politiques récents. Comme ce « travailler plus »... C'est aussi ça, « L'homme du monde » ?
Oui, même si je l'ai fait sous un aspect un peu délirant. Jusque-là, c'est vrai que c'est un terrain sur lequel je m'avançais avant tout sur scène. Mais il n'y a pas de jugement de valeur dans ce disque, simplement des constats poétiques et politiques. « Poélitiques », comme dirait l'autre... Pour résumé, je voulais faire un disque branché sur l'énergie d'aujourd'hui, mais avec la possibilité d'un avenir un peu plus lumineux que ce que l'on veut bien nous présenter.
Vous en profitez aussi pour redonner vie à certains personnages nés dans des précédents albums, comme votre « Lady of Shangai »...
Je crois au pouvoir des mots, surtout lorsqu'ils sont chantés ou écrits. « Adieu tristesse » était un album de transformation, le passage d'un état à un autre. Seule la « Lady » n'y était pas en mouvement, coincée dans sa déception amoureuse. Je voulais qu'elle évolue aussi.
Ce disque était-il aussi pour vous le moyen d'assumer une transition dans votre travail ?
Tous les disques sont une transition, une façon de propager d'autres émotions, d'autres futurs. « L'homme du monde » correspond au désir que j'avais de me réincarner et de me lâcher complètement, sur scène notamment.
Un endroit où vous avez toutefois toujours paru très à l'aise...
La scène me pousse dans mes retranchements, m'oblige à repousser mes limites. Elle me nourrit. Et j'y suis toujours accompagné de mon double machiavélique, « H Man », qui n'hésite jamais à s'exprimer.
Vous êtes en tournée depuis octobre. Quelle en est la tonalité jusqu'à présent ?
J'avais envie de reprendre des vieux morceaux, mais la tonalité principale reste « L'homme du monde ». En concert, je cherche à y rajouter de l'énergie, de la transe, et de l'humour. J'aime faire les montagnes russes, à savoir alterner moments de transe et périodes de calme.