Kayak-club brestois. Voyage au bout du jour
Chaque année, le Club de kayak brestois organise une randonnée à l'étranger pour ses licenciés. Ils ont choisi, cette fois-ci, l'archipel des îles Lofoten, au-delà du Cercle polaire, en Norvège.
« Quel choc ! », s'exclame David Appéré, guide du Club de kayak brestois (CKB). « À notre arrivée, je n'en croyais pas mes yeux. Les eaux sont si transparentes et poissonneuses qu'on se croirait à Tahiti. À cette époque, il ne fait même pas froid », poursuit-il, exalté par son beau voyage.
Un paradis
pour les kayakistes
Parti fin juillet avec une équipe de sept kayakistes, le chef d'expédition parvient à peine à réatterrir. C'est que l'archipel des Lofoten, composé de centaines d'îlots plus ou moins importants, ainsi que d'improbables fjords et autres canaux à la norvégienne, « sont tous plus sidérants les uns que les autres ». Le paradis pour un kayakiste.
« Nous nous glissions dans des méandres que j'avais plus ou moins repérés sur la carte. Nous composions ensemble nos routes, en soirée et, moi, je donnais mon aval sur ce qui était possible de réaliser ». S'approchant délicatement du rivage ou prenant quelque distance en pleine mer, le kayak est l'idéal véhicule pour l'homme du nord. Dans leur « rando-navigations », les rameurs ont pu goûter à l'immensité des falaises du nord, « véritable rempart contre le vent et les nuages polaires ». Tout est relatif, dans ces contrées. Il ne fait tout de même pas bon mettre un kayak dehors en plein hiver, même dans le sud de l'archipel.
Chez Thorgal
« C'est sans doute pour cela qu'il n'y a pas grand monde. Quoique. Nous avons pu découvrir des vestiges de camps vikings, synonyme de vie, ici ». Ceux-ci s'étaient installés au village de Borg où, chaque année, un festival fait revivre leur tradition. « Leur campement n'avait vraiment rien à voir avec nos tentes et nos bivouacs », s'amuse David.
« J'avais l'impression de vivre une aventure dans le monde étrange de Thorgal Aegirsson. Nous étions solitaires dans des paysages dénudés et battus par les vents, où seuls de majestueux aigles royaux et pygargues à queue blanche (un cousin du nord) tournoyaient dans le ciel ». Une nature à l'état brut, qui n'a pas laissé de marbre ces randonneurs de la mer. « Pas besoin de faire le naturaliste chevronné, les animaux et les oiseaux sont là, tout autour de nous ».
Loutres de mer, hermines, des milliers d'oiseaux du bord de mer, phoques, dauphins, la liste est longue.
Quant aux repas, il leur suffisait de plonger l'hameçon et de sortir un lieu, un énorme maquereau ou, mieux, une morue. « Des boîtes de conserve ? Nous n'en avons pas mangé beaucoup ! »
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Au sud, la nature est aussi brutale et démesurée... Un poil plus clémente. Elle ne s'active qu'au rythme des saisons de pêche à la morue, à partir de septembre.
Saumon d'élevage
« Nous avons également été frappés par l'importance de l'aquaculture de saumon. C'est d'abord cette ressource qui fait vivre l'archipel ».
Rentrés fin août de leur virée polaire, les kayakistes du CKB ont encore les yeux embués de bons souvenirs. « De terres lointaines où les jours durent 24 heures »...
Pratique
Opération portes ouvertes au CKB, les samedis 6
et 13 septembre prochains. CKB, port du Moulin-Blanc, Brest.