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Hydrographie. L'Ensieta double le courant
Cette année, la promotion d'ingénieurs hydrographes va doubler, à l'Ensieta. La rencontre d'une spécificité de l'école et d'un marché demandeur. Ces jours derniers, Lode Stas, responsable de l'organisation du département « survey » chez Deme, société belge qui figure dans les leaders mondiaux du dragage et de l'aménagement portuaire, était dans les locaux de l'Ensieta. Ce déplacement, à l'occasion de soutenances de thèses, illustre l'intérêt de cette société, qui emploie 150 ingénieurs hydrographes, pour la formation dispensée à l'école d'ingénieurs. L'an dernier, pour la première fois, Deme (4.000 personnes, 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires) a pris quatre stagiaires de l'école et a gardé les deux qui étaient en fin de cursus.
Iles artificielles
Aujourd'hui, Deme, dont le chiffre d'affaires connaît une croissance de 30 %, travaille sur une quarantaine de chantiers. Le champ d'intérêt est vaste. Entre autres : ports, plages, dragage des voies navigables, parcs éoliens et même îles artificielles. « Ce marché s'est développé depuis dix ans », commente Lode Stas. Pour se prémunir d'un tassement des ressources pétrolières, qui n'est pas pour tout de suite, et forts de rentrées financières très conséquentes, des pays du Moyen-Orient, plutôt Dubai, Abu Dhabi, Qatar, se sont lancés dans ce marché des îles, destiné à un tourisme de luxe. Elles sont construites à quelques kilomètres des côtes, par fonds marins modestes. Deme a participé ainsi à « Pearl of the Gulf », île artificielle du Qatar, en forme... d'hippocampe. On ne sait si des ingénieurs hydrographes de l'Ensieta iront se frotter à ce type de « paradis ». Au demeurant, ils n'ont pas de problèmes de débouchés, très largement civils d'ailleurs aujourd'hui. Une demande qui explique que l'option prochaine - une des six existant à l'école - passe de 17 élèves à 34, sur une promotion de 150. Il y a trois ans, ils étaient neuf.
Seule en France
Explication aussi : « L'Ensieta est la seule à proposer cette formation en France, un domaine où elle est également la plus importante en Europe », explique Nicolas Seube, responsable de l'option. Cinq écoles sont labellisées, au niveau européen, par l'Organisation hydrographique internationale (OHI). L'Ensieta pèse, en nombre d'ingénieurs hydrographes formés, plus lourd que les trois écoles britanniques réunies. Et, à propos de la formation dispensée à Brest, Nicolas Seube parle du « meilleur niveau scientifique ».
Un milieu propice
L'école vit aussi dans un environnement océanographique particulier, propice aux croisements. « Le pôle recherche brestois, nous sommes dedans. Avec la présence du Shom, d'Ifremer, de l'IUEM, de l'UBO, le poids est inégalé en Europe », estime le directeur de l'Ensieta, Francis Jouanjean.



De gauche à droite : Francis Jouanjean, directeur de l'Ensieta, Nicolas Seube, responsable de l'option hydrographie et océanographie, et Lode Stas, responsable de l'organisation du département « survey » chez Deme.
Sources
Le Télégramme
05/09/2008
Rubrique: Finistère Nord
Brest
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