Festival Astropolis. Madame Rave
Samedi, la lune, dans son manteau le plus éclatant, a veillé sur 10.000 festivaliers survoltés. Sans doute a-t-elle contribué à repousser les limites de chacun, prêt à danser jusqu'au petit matin. Kéroual, c'était la nuit d'apothéose du festival Astropolis.
Peut-on encore parler de noctambules ? Sont-ce toujours ces joyeux énergumènes qui se couchent tard dans la nuit ? Oui, certainement.
Mais quand ils se couchent encore plus tard, bien après que le petit matin a refait son apparition, on dit quoi ? Y'a qu'à dire « beat génération » et puis basta ! Ceux qui tiennent longtemps, accrochés au tempo électro. Comme ça, on peut mettre tout le monde dans le même lot. Car ils étaient bien nombreux, samedi, à rentrer dans le « rave ».
« Ça, c'est du live »
Les 10.000 festivaliers arrivés avant les coups de 22 h ont tous eu la même envie de prolonger le plaisir de la danse, bien plus loin que d'habitude. Astropolis, nuit de toutes les folies, délicieusement déjantée, fiévreusement festive et concentrée de convivialité, a réveillé le démon qui nous habite. La terre a tremblé, dans le chaudron du manoir de Kéroual, à Guilers. « Nous allons faire du boum boum boum tous ensemble, ça va être grandiose », a déclaré Missill, jeune DJ sautillante, dont l'énergie fut des plus contagieuse sous le chapiteau « Hip 2 drum ». Avec elle, c'est sûr, les vers de terre du domaine n'ont pas fermé l'oeil !
« J'ai tout de suite bien senti le public. Nous avons communiqué dès le premier mix, pour ne plus rien lâcher jusqu'à la fin du set. Hors contrôle, improvisation, ça, c'est du live ». Danton Eeprom a beau être « un habitué du dance floor », la liesse qui s'est emparée du public « valait le détour ». Et ça a été comme ça toute la nuit. Les sets qui s'enchaînent, les fêtards qui se perdent de groupe en groupe...
Question : « Tu as été voir Mix Master Mike au chapiteau "Hip 2 drum" j'espère. C'est quand même le DJ des Beastie boys ». Réponse : « J'te crois mais j'étais sous les toiles de la cour. C'était bouillant ! ».
Clôture à 8 h
La scène Mekanik, l'Astrofloor, la cour du manoir, etc. Chaque lieu a distillé puissamment son atmosphère. Sur le site de Kéroual qui n'est pas si grand (le voir de jour, NDLR), les couche-tard ont eu de quoi rassasier leurs appétits festifs.
C'est sous le soleil radieux du matin que le dernier son a été coupé. Vers 8 h. Melu, à l'organisation, clôturait le festival sous un beau clin d'oeil : « Tout était complet, les gens sont ravis ; ça donne envie d'attendre la quinzième édition ».
Et si peu de débordements qu'on en est presqu'à penser que le festival s'embourgeoise. C'est peut-être l'effet « Summer of love » d'une édition qui a tenu ses promesses.