Commerçants de la rue Collet. Colère et exigences
Dialogue de sourds, hier, entre commerçants de la rue Yves-Collet et représentants de BMO. Les premiers continuent à dénoncer un manque d'informations sur les travaux et réclament des compensations.Les travaux démarrés en septembre rue Yves-Collet continuent à faire enrager les commerçants installés entre les ronds-points de Victor-Hugo et de Kergorju, près de la Fnac. Leur activité commerciale vient, en effet, de subir deux mois d'importantes perturbations. L'interruption provisoire des travaux, prévue aujourd'hui pour durer jusqu'au 19 janvier, n'y change rien : la réunion organisée hier matin par leur association à l'hôtel de l'Amirauté avec des représentants de Brest Métropole Océane n'a pas apaisé les esprits. En dépit des tentatives des vice-présidents de la communauté urbaine descendus dans l'arène, Frédérique Bonnard-Le Floc'h (commerce) et Michel Joanny (transports et voirie).
« Vous nous avez mis devant le fait accompli, en ne nous laissant aucun délai pour nous organiser », « Nous n'avons eu aucune information sérieuse sur le calendrier des travaux », « Pelleteuses devant nos devantures, trottoirs inutilisables... Vous n'avez pas respecté vos promesses », « À cause de vous, des fermetures risquent d'avoir lieu »... Griefs visant tous la gestion de ce dossier par la collectivité.
Cet auditoire très remonté n'a pas fait sortir Frédérique Bonnard-Le Floc'h de la ligne de défense adoptée par BMO, depuis le début de la polémique : « Nous avons organisé des réunions d'informations et adressé des courriers à l'ensemble des commerçants et riverains concernés. Nous avons fait du mieux possible en la matière, compte tenu du fait qu'il n'est pas possible de connaître plusieurs mois à l'avance le calendrier d'un chantier de cette nature ».
Tram ou pas tram ?
La nature du chantier est mise en cause par les commerçants qui, estimant que les travaux en cours entrent dans le cadre du tram, réclament des indemnisations. Refus de la collectivité : « Il s'agit d'un chantier de voirie ordinaire, a réaffirmé la vice-présidente. Il s'inscrit dans le cadre de la fin de réalisation de l'anneau de circulation du centre-ville. Ce genre de chantier ne donne pas lieu à indemnisation ».
Une commerçante, inquiète : « Quand on voit comment vous avez géré les travaux sur 1 km, on imagine comment ça va se passer sur un chantier de 11 km qui durera sur deux ou trois ans... Quand le tram circulera, le centre-ville sera mort ! ». « Le chantier du tram sera organisé autrement et par des professionnels spécialisés », promet l'élue.
Représentés par Jacques Le Berre, les commerçants évoquent la constitution d'un dossier de demande de réclamations et de s'en remettre à un avocat. Et attendent des mesures pour les aider à retrouver leur clientèle d'ici les fêtes : nettoyage de la chaussée, communication autour des commerces du secteur, installation de décorations de Noël. Et annulation d'une partie, au moins, des taxes qu'ils doivent verser à la collectivité, « pour le second semestre de 2008 et le premier de 2009, car les soldes démarrent en janvier et les travaux reprennent à ce moment-là »...