Brest-Kiel. Diwan inspire la région de Frise
La Frise du nord, compte près de 8.000 frisophones, au nord de Kiel; 22 défenseurs de cette langue sont venus à la rencontre de la culture bretonne.
« Nous croyons savoir que, d'ici à 100 ans, près de 90 % des langues auront disparu, sur les 6.500 inventoriées actuellement », constate le docteur Alastair G.-H. Walker. Ce professeur de langue de l'université de Kiel est un fervent « défenseur de la diversité et des langues régionales ». Comme beaucoup d'entre elles, le frison est, lui aussi, menacé d'extinction si de véritables actions ne sont pas menées en sa faveur. Du coup, depuis 1976, « bien avant la chute du Rideau de fer », les linguistes s'accrochent et tentent d'intégrer cette spécificité patrimoniale à la culture allemande. « Chaque année, au cours d'un voyage d'étude, nous rendons visite à des régions européennes où la présence d'une minorité linguistique est forte », explique le docteur Wal-ker. « Nous prenons beaucoup pour exemple ce qui se fait pour les langues dites celtiques », ajoute-t-il.
Charte européenne
non ratifiée par la France
« Diwan représente pour nous un merveilleux système dont nous nous inspirerons. Bien qu'il ne soit pas envisageable de le pousser autant, nous espérons dépasser les une à deux heures de cours à l'école ».
Ces linguistes de Kiel ont été reçus par le comité de jumelage Brest-Kiel, présidé par Marie-Claude Salmon. Cette dernière a pu leur faire rencontrer de nombreux partenaires des écoles Diwan et d'organisations qui défendent la langue bretonne, telle la radio Arvorig FM. Marie-Armelle Barbier, doyen de la faculté de lettres et Anne-Marie Kervern, adjointe au maire, chargée de l'insertion par le dialogue des cultures, se sont jointes au groupe pour faire le point sur une charte des langues régionales.
Cette convention, initiée par le Conseil de l'Europe, n'a pas été ratifiée par la France.