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Brest ville

Les deux hommes qui y ont cru

21 octobre 2009

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Derrière la création de ce musée, il y a deux hommes. L'éternel conseiller général Jean-Yves Cozan et le directeur du parc naturel régional d'Armorique de l'époque, le cinéaste et passionné de muséographie Jean-Pierre Gestin.

Il fallait oser installer au bout du monde un musée, imaginer un lieu destiné au grand public à une époque où les îles n'attiraient pas la foule d'aujourd'hui. Le Ouessantin Jean-Yves Cozan va suivre son intuition en actionnant les bons leviers politiques. «Le Pensec et Guellec ne verseront pas un sou. C'est Jack Lang, plus tard, qui apportera son soutien, s'amuse-t-il encore. On m'avait dit ?tu as 5millions de francs pour le réaliser?. Au final, c'est 15millions de francs lourds qu'il nous a coûté». Qui pourrait le lui reprocher aujourd'hui? Les tonnes de matériels historiques des phares et balises finiront par être acheminées jusqu'à Ouessant.

Lentilles en puzzle

Tout est chargé en camion des quatre coins de la France et transporté en bateau puis de nouveau transbahuté à l'autre bout de l'île. Tout arrive démonté dans des caisses, sans trop de casse. D'énormes systèmes d'éclairage et des lentilles en puzzle sont à remonter, parfois sans plan! Mais tous les anciens gardiens de phares et les marins à la retraite de l'île s'y mettent et remontent patiemment, avec la délicatesse qui s'impose, des optiques de 100 à 200ans d'âge. La patte de Jean-Pierre Gestin, habitué à mettre en valeur les sites et à y raconter des histoires, fera le reste. L'inauguration donne lieu, à l'intérieur, à un immense buffet campagnard qui réunit quasiment tous les habitants d'Ouessant. Le musée devient le site incontournable. C'est ici que tous les discours de personnalités en visite sont prononcés. C'est l'endroit, la vigie d'où tout finit et tout commence. Giscard y débarque avec sa garde rapprochée, en compagnie de Nicolas Sarkozy, en 1989.

Inoubliable Saint-Sylvestre

Et puis arrive l'inoubliable nuit de l'an 2000 au Créac'h, la bascule vécue par plus 2.000personnes en goguette sous un phare étincelant et un feu d'artifice digne d'une ville de 50.000habitants. Tous les officiels y sont encore aujourd'hui attirés comme par un aimant. «LeCréac'h reste ce lieu magique, cette dernière marche avant l'océan, condense les mythes en tous genres comme celui du gardien de phare arrivé tardivement». «Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si l'on a retrouvé à cet endroit les vestiges d'un temple druidique», ajoute Cozan, lyrique.

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