16 octobre 2009
Dans la tourmente des plans de restructuration depuis trois ans, le site de Jabil Brest nourrit de nouvelles inquiétudes. L'équilibre financier, qui était exigé au premier trimestre fiscal 2010, sous peine de fermeture, ne sera pas atteint.
Lors de sa venue à Brest, le 27janvier, Renzo Polesel, patron de Jabil-France, avait déclaré, en comité d'entreprise (CE), aux élus, puis, une seconde fois, à l'ensemble des salariés, que, si l'usine n'était pas à l'équilibre financier au premier trimestre fiscal 2010, il n'y aurait probablement pas d'autre solution que de fermer le site. Les délégués syndicaux pressentaient que cet équilibre ne serait pas atteint. Ils en ont eu la confirmation lors du CE du 30septembre. «La direction a reporté la prévision de retour à l'équilibre financier au quatrième trimestre fiscal 2010», indiquent Force ouvrière (FO) et la CGT. «Pour le comité d'entreprise, à cette échéance, cet équilibre n'est pas garanti, même si de nouveaux clients de taille modeste vont arriver progressivement».
Congés payés imposés en octobre
Les représentants syndicaux constatent encore que «le plan de restructuration 2008 a, pour l'instant, échoué, comme les deux précédents. En dépit des 102 nouveaux licenciements auxquels il fut procédé en mars2009, l'usine est toujours en sous-charge et la direction a imposé à tous les salariés de prendre quatre jours de congés payés en octobre». Actuellement, il n'y a pas assez de travail pour tout le monde. «Et les mois de janvier et février sont traditionnellement des mois très creux», indique Serge Roudaut, délégué FO.
Vers du chômage partiel
en janvier
«La direction évoque une possibilité de chômage partiel à partir de janvier». Jabil Brest n'a, pour l'heure, que deux clients, Alcatel (pour 90% de son activité) et France Télécom (10%). Mais Serge Roudaut, pour FO, ne craint pas vraiment une fermeture immédiate du site. «Dans l'accord de fin de conflit signé en novembre2008, par le directeur de l'usine et la direction du groupe, il est écrit qu'il n'y aura pas de fermeture du site avant deux ans, sauf départ du client Alcatel ou baisse des charges interdisant un retour à l'équilibre financier. Bien sûr, cela ne garantit pas grand-chose». Flou, l'horizon. «L'autre usine de Jabil, située à Meung-sur-Loire (460 salariés), rachetée, comme Brest, en juillet2002, mais à Valeo, vient d'être revendue en une poignée de jours à un fonds financier américain, témoigne encore Serge Roudaut.Nous ne sommes pas à l'abri de ça». Jabil France, qui comptait 1.020 salariés en février2008, n'en a plus, désormais, que 250. À Brest, des éléments de réponse quant à l'avenir pourront être apportés jeudi, à l'occasion de la venue de Renzo Polesel.
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