13 octobre 2009
Variable d'ajustement pour les entreprises en temps de crise, l'emploi intérimaire vit des heures difficiles. En un an, la Bretagne a connu une baisse de 28% des emplois. Mais Brest s'en sort relativement bien.
«Je viens voir si vous avez du nouveau». «Rien pour vous aujourd'hui, désolé». La scène se répète dans les agences d'intérim depuis des mois et le début de la fameuse «crise». Àl'agence Access intérim recrutement, on ne peut que constater: «On a de plus en plus de personnes à s'inscrire chez nous. Des gens, souvent plus qualifiés, qui ont perdu leur travail ailleurs. Mais, dans le même temps, on a 50% d'appels en moins de la part des entreprises clientes».
L'agroalimentaire résiste
Tous les secteurs ne sont pas touchés, ou pas autant. «L'industrie et la métallurgie sont les deux secteurs qui souffrent le plus. Mais Brest a la chance de ne pas être au coeur d'un bassin industriel», explique-t-on à l'agence Manpower. À l'inverse, «l'agroalimentaire tire l'intérim vers le haut.Même en temps de crise, les gens consomment». Brest ne souffre donc pas autant que le reste de la Bretagne. Alors que le recul de l'emploi est de 28% en Bretagne, les chiffres sont meilleurs dans la plupart des agences brestoises. Certaines affichent même des valeurs positives.
Des missions plus courtes
Une situation plus favorable, qui se retrouve dans le secteur duBTP (Bâtiment travaux publics). Le bilan n'y est pas des plus brillantes: «Nos clients manquent de visibilité actuellement, note Michel Rolland, de l'agence Manpower-BTP. D'habitude, leurs prévisions sont à troismois; là , c'est à la semaine.Du coup, j'ai de moins en moins de missions de 3-6 mois à proposer, mais plutôt d'une ou deux semaines». Et pourtant, Brest est, là aussi, chanceuse. «C'est la seule ville du secteur à avoir un chantier de travaux publics de l'ampleur du tramway. Un tel chantier est créateur d'emploi», rappelle Michel Rolland.
Le tramway joue l'Arlésienne
Mais ce tramway bénéficiera-t-il un jour aux intérimaires Brestois? «Pour le moment, les entreprises qui travaillent sur le chantier ont préféré faire venir leurs équipes de permanents, qui manquent de travail là où elles sont. C'est normal, mais c'est au détriment de nos intérimaires», remarque Didier Nicolas, de l'agence Temporis. Des intérimaires qui, pour certains, ont même commencé à suivre des formations adaptées. La seconde phase du chantier est donc très attendue, estime Ronan Salou, de l'agence Start-People: «C'est là que nos poseurs de canalisations, nos maçons VRD devraient être embauchés». «Ah, le tramway, cette Arlésienne», sourit cet autre responsable d'agence.
Faire le dos
rond
À quand la reprise? Chacun a, bien sûr, son avis mais, en attendant, «on fait le dos rond», lâche Robert Laurent, responsable d'Access-Interim. À l'agence Interaction, «on passe du temps à faire de la prospection pour trouver de nouveaux clients». Ailleurs, on «adapteles stratégies». Manpower a réduit ses frais de gestion en logeant deux équipes dans un même local. Quant au risque de voir certaines agences mettre la clé sous la porte? «Il est réel si la crise dure trop longtemps, estime-t-on chez Manpower. Surtout pour les petites structures, qui n'ont pas beaucoup de fonds. À Rennes, on a vu déjà quelques petites agences fermer».
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