8 juin 2009
Michel Briand (Les Verts)
«Nous avons été les seuls à penser à l'Europe et à vouloir changer la société. Je crois que les électeurs ont pris conscience que le développement d'un autre mode de fonctionnement de la société était possible et nous avons fait un pas de géant. Les gens attendent qu'un parti politique porte l'espoir. Si, ce soir, le score du Parti socialiste n'est pas bon, c'est que leur orientation politique n'est pas claire. Je crois que nous le sommes davantage. Mais gare au triomphalisme: le score des abstentions est fort et il me semble que les électeurs écologistes se sont déplacés en nombre. Sans compter le prix fort que paye le parti de François Bayrou pour des propos déplacés».
François Cuillandre (PS, maire de Brest)
«Je ne ferai pas d'analyse locale du scrutin, seul le plan national m'intéresse. Je vois les Verts très haut et le PS pas très haut. Comme l'UMP. Je dois dire que la campagne de Daniel Cohn-Bendit était autrement plus dynamique que la nôtre. Je n'ai pas eu le temps de rentrer dans le détail mais il me semble que les quartiers populaires ont peu voté, alors que les quartiers bobos, même si je n'aime pas le terme, davantage. Et nos électeurs traditionnels ont voté vert... Ce qui veut clairement dire que la voix du PS n'est pas très audible. Il y avait un positionnement central à promouvoir, il n'a jamais été trouvé au niveau national du parti. Mais, au risque de me répéter, il n'y a aucun enjeu local lors de ce scrutin».
Maxime Paul (PC, Front de gauche)
«Je retiens d'abord le taux d'abstention spécialement fort, notamment dans les quartiers populaires. L'enjeu n'a pas été perçu notamment en raison de la régionalisation du scrutin qui rend le vote illisible. Pour notre score, autour de 6%, je perçois un début de dynamique parce que nous avons été les seuls à nous remettre en question, ce que n'a pas su faire le NPA. Le refus de l'union entre eux et nous est dommageable pour le peuple de gauche, mais je crois que nous sommes devant parce que nous avons proposé l'union et qu'ils ont préféré se compter. Maintenant, il faut que la gauche se rassemble du NPA au PS, que tous les partis se voient rapidement. Le PS doit se demander avec qui il travaille, et vite, parce que, pour la première fois depuis longtemps, l'UMP est en tête à Brest et ce n'est pas bon signe».
Nicole Jouan (MoDem)
«Ce qui vient de se passer est surprenant. C'est une recomposition complète du visage politique. L'UMP en tête et le PS devancé par les écolos, c'est du jamais vu à Brest. Est-ce que la population a voulu envoyer un message aux formations politiques... Je ne sais pas. En tout cas, pour nous, c'est très décevant même si les résultats sont superposables à ceux des dernières municipales. On a sans doute perdu une partie des électeurs de gauche qui s'est, cette fois, reportée sur les Verts... Le grand gagnant reste l'abstention et nous avons beaucoup de travail en perspective».
Laurent Prunier (UMP)
«Nous sommes premiers devant le PS et les Verts... C'est très satisfaisant pour la droite brestoise. Ça fait bien longtemps qu'on n'avait pas fait un score pareil... Tout va bien. On misait sur trois sièges et tout est possible. Toutefois, le taux d'abstention est inquiétant: les gros partis ont mis du temps à se mettre en route et les gens ne se sont visiblement pas sentis concernés».
Fortuné Pellicano (Indépendant)
«Localement, les candidats se sont abstenus de faire campagne... Et les électeurs se sont abstenus d'aller voter... Logique! Mais c'est inquiétant, car ça voudrait dire qu'il s'agit d'une élection sans enjeux. Or, ce n'est pas le cas. Les leaders politiques ont manqué de pédagogie. Tout était nationalisé, sans rapport de proximité. Ce n'est pas le tout de poser pour une photo... Derrière, il faut de la matière! Pour ma part, j'entends rester vigilant. Il faudra rebondir, se remettre en question... Et je pense que je n'aurai pas la même attitude pour les prochaines régionales...».
Sophie Mével (MPF)
«5%, ce n'est pas rien. Et je pense qu'aujourd'hui, la droite brestoise doit clairement compter sur le MPF. Plus largement, on prend acte des engagements de l'UMP. Traité de Lisbonne, entrée de la Turquie dans l'Europe... On jouera un rôle de vigilance».
Anne-Marie Kervern (UDB)
«C'est la première fois que j'arrive en première position dans mon bureau de vote (NDLR: Petit-Paris) et je pense que c'est une reconnaissance. Nous n'avons pas soutenu la liste Europe Écologie, nous en faisions partie et nous sommes satisfaits car je pense que la population a pris conscience des enjeux planétaires et elle a compris qu'on ne pourrait pas les résoudre sans les collectivités territoriales et sans accorder plus d'autonomie aux régions».

26 mai 2012 à 06h41