23 novembre 2009
Samedi se tenait àBrest, lapremière édition des Transmédicales. Parmi les thèmes abordés, lachasse aux idées reçues sur la grippe A. L'occasion d'interroger lesdocteurs Patrick Balouet etFernand Herry sur un sujet quisuscite nombre d'interrogations.
Quel est l'objectif de cette journée de formation?
Patrick Balouet: «25% des adhérents du Collège des hautes études en médecine sont des soignants non médecins: kinés, infirmiers, podologues, sages-femmes, etc. Nous avons voulu ?décloisonner ?, permettre aux 250 participants de ces Transmédicales de mieux prendre conscience des réalités des autres acteurs de la chaîne de soins, de mieux situer leur propre rôle dans cet ensemble afin d'en sortir renforcés».
Un sujet de santé fait particulièrement débat en ce moment au sein de la population, celui de la grippe A H1N1. Beaucoup craignent de se faire vacciner. Ont-ils raison?
Patrick Balouet: «Il n'y a pas de craintes à avoir! Ce vaccin est préparé de la même façon que les autres. Il y a là un problème de communication. Les gens seraient tout disposés à se faire soigner par moi qui suis soignant, mais si on leur demande de se rendre dans un lieu inconfortable et d'y remplir des formulaires incompréhensibles, ils freinent... Je pense que c'est aussi un peu un comportement de riches. Lorsqu'un vaccin est proposé dans un pays pauvre, çachipote beaucoup moins...».
Une double vaccination est-elle nécessaire?
Patrick Balouet: «À ce jour, iln'y a pas de réponse définitive sur ce point. Il est probable qu'une seule vaccination soit suffisante après 65 ans. Pour le reste, nous n'avons pas encore de certitude».
Confirmez-vous que la grippe A est particulièrement dangereuse pour certaines tranches d'âge, comme les nourrissons ou les gens de 30 à 45 ans?
Patrick Balouet: «En tout cas, ce qui est certain, c'est que le virus tue des personnes jeunes et saines! Et ça, c'est quelque chose de nouveau».
Une mutation du virus H1N1 vient d'être détectée dans trois cas en Norvège. Ceci risque-t-il de remettre encause l'efficacité du vaccin?
Patrick Balouet: «Selon ce que nous a déclaré, lors de cette journée, le professeur Michel Garré, chef du service infectieux au CHU de Brest, le vaccin restera efficace». Fernand Herry, directeur du Chem: «Il nous a également indiqué que les vaccinations contre la grippe A et contre la grippe saisonnière, ainsi que les autres vaccinations d'ailleurs, peuvent avoir lieu le même jour et qu'il n'est pas nécessaire d'attendre trois semaines entre deux injections. Il convient également de préciser que les personnes qui sont sous anticoagulants peuvent également recevoir une vaccination sous-cutanée, notamment par le vaccin monovalent Panenza».
Les généralistes ne peuventpas pratiquer eux-mêmes lavaccination anti-grippe A.Cela est-il amené à évoluer?
Patrick Balouet: «Ceci s'explique par la livraison du vaccin en flacons multidoses. Il en a été décidé ainsi pour des raisons économiques. Selon le ministère, cela pourrait changer au printemps. J'y serais favorable». Fernand Herry: «Nous venons en tout cas d'apprendre que les médecins scolaires pourront vacciner dans les établissements. Cesera sans doute possible dès cette semaine».
«Lorsqu'un vaccin est proposé dansunpays pauvre, çachipote beaucoup moins...»

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