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Froutven. «Spazio Gérard Thérin» dépose le bilan

20 novembre 2009

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Un an et quelques semaines seulement après l'ouverture totale de la zone du Froutven, «Spazio Gérard Thérin», société haut de gammede produits dédiés à l'architecture d'intérieur, a déposé le bilan.

«Une liquidation, un départ à noter au bout d'une grosse année d'exercice, c'est un cas que l'on retrouve dans toute nouvelle zone commerciale», minimise Éric Boucher, responsable, pour le promoteur Altaréa, du Froutven. Aux portes de Brest Guipavas, la société de design haut de gamme de Gérard Thérin est donc ce «cas-là».

«Un échec conjoncturel»

«C'est un magasin très haut de gamme qui n'a jamais trouvé sa clientèle dans une période de baisse de la consommation générale», justifie Éric Boucher. Un point de vue que partage Gérard Thérin lui-même. «Cet échec est conjoncturel. J'ai le sentiment que notre créneau de clientèle s'est mis en attente, agelé, différé ses décisions d'achats». Dans sa chute brutale, «Spazio» entraîne «Agencement Gérard Thérin», enseigne installée depuis 23 ans rue de l'Eau-Blanche à Brest, dont la réputation allait bien au-delà de la localité. Dans son domaine, sur la région brestoise, elle était la seule à travailler avec des cabinets d'architectes. «Nous étions en progression depuis 23 ans. Pour la première fois, nous avions reculé de 20%. Mais notre chiffre d'affaires l'an dernier était encore d'1,4MEUR hors taxe. C'est dur pour les six salariés et c'est dur pour moi. Je suis ruiné. Aujourd'hui, c'est 23ans de ma vie qui sont gommés».

«Des loyers dans la fourchette »

Dans cet échec, Gérard Thérin nie tout impact de loyers parfois jugés trop élevés pour la zone. «Il n'y a aucun souci à ce niveau-là», assure-t-il. «Chacun ici a signé un bail et connaissait le montant du loyer avant de s'engager. J'ai essayé de commercialiser mon pas-de-porte et les contacts que j'ai eus m'ont tous dit que nous étions dans la fourchette de ce qui se pratiquait ailleurs. Mais plutôt dans la fourchettehaute ». Gérard Thérin n'est pas amer. Il ne regrette pas son choix de s'être offert «une vitrine» dans une zone en vue. «Je n'ai pas eu de bol. Par rapport aux chiffres que nous avons réalisés ?car il y en a eu tout de même?, nous sommes parvenus à toucher des gens venus de Lorient, de Morlaix. Maintenant, il est possible que nous ayons commis des erreurs mais, à la base, nous étions sur un complément d'activité. Peut-être que la clientèle a changé. Il est possible qu'un jour, on fera tous les mêmes maisons, que tout sera standardisé».

  • Karine Joncqueur
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