21 juin 2009
D'abord, écoulons les poncifs du genre «la Fête de la musique est conviviale», «la Fête de la musique est toujours aussi festive»... Même si chacun d'eux se vérifiait encore hier dans les rues de Brest, tentons d'éviter les vieilles rengaines. 17 h, début des hostilités. Faut reconnaître, quand même, que la Fête de la musique, c'est un des plus beaux marronniers de l'année.
Quand les sabots deviennent espadrilles
Depuis le temps que ça dure, on s'y rend avec des semelles un peu plombées, certain d'une chose : ça aura un goût de gigot-patates dominical chez la belle famille ; toujours la même chose, mais l'on tient à honorer les gens qui se donnent du mal. On n'est pas des sauvages, non plus. Alors, on promène ses chaussures comme un scaphandrier. Il fait beau, presque chaud. C'est déjà ça. Descente rue de Siam. Première halte place de la Tour d'Auvergne : deux nanas, gratte sèche et morceaux contemplatifs. Elles s'appellent «Maielle» et ont transformé nos sabots en espadrilles.
Quand les Écossais disent des gros mots
Plus tard, on croise un type portant le maillot de Liverpool. On ignore pourquoi, mais ce simple code vestimentaire nous le rend sympathique. Douglas Hinton est écossais. Avec son accent qui parle terriblement bien notre langue, il lui est impossible de renier ses origines. Folk splendide, rugueux, grimaçant. Et puis, ils sont définitivement très forts, ces Anglos-saxons ; cette capacité qu'ils ont à lancer des grossièretés dans la langue de Shakespeare avec poésie, sans avoir l'air vulgaire, ce n'est franchement pas donné à tout le monde. Le public apprécie. Les enfants adorent. Douglas Hinton fait un tabac : «Je dois avoir le syndrome de Gilles de la Tourette. J'ai une fâcheuse tendance à dire des gros mots». Y'a pas à dire, elle est vraiment conviviale et festive, cette Fête de la musique. Vivement l'année prochaine.

26 mai 2012 à 06h41