9 avril 2009
Ils sont sans-abri, vivent dans un squat, «tapent lamanche» dans la rue. Le plus souvent, ils sont accompagnés d'un, voire plusieurs chiens. Mais que faire de ces derniers quand leurs maîtres font des démarches administratives?
On les identifie aux «punks àchiens»: les personnes dites «errantes» sont visibles dans le centre-ville brestois, entre les rues Jean-Jaurès et de Siam notamment. Elles y «tapent la manche», un animal, voire plusieurs, à leurs côtés. Ces compagnons de route à quatre pattes peuvent vite devenir une «source supplémentaire de marginalisation sociale», comme l'indiquait le doctorant en sociologie Christophe Blanchard, dans son étude sur le sujet menée pour le compte du Centre communal d'action sociale (CCAS) local. En effet, pour les «zonards», que faire de leurs chiens lorsqu'il convient de se déplacer dans différents organismes pour effectuer des démarches administratives? Alors que, pour eux, le meilleur ami de l'homme constitue déjà un frein pour dénicher un logement... «Peu de lieux d'accueil acceptent les animaux», constatait encore Christophe Blanchard.
Un «chenil social»?
Premier élément de réponse avec Chantal Christien qui dirige le service accueil-accompagnement du CCAS: «Nous réfléchissons actuellement à un partenariat, avec un réseau de bénévoles, pour créer un système de garde ponctuelle de l'animal». La définition même d'un «chenil social». À l'attention des sans domicile fixe, la structure a pris les devants, proposant déjà des demi-journées de sensibilisation, le jeudi, au Centre d'éducation canine et d'agility de Brest (Cécab). Et, à l'entrée de ses locaux, rue Jules-Ferry, le même CCAS a installé deux anneaux pour attacher provisoirement les chiens. En plus d'un appareil contenant des sacs pour ramasser les déjections sur la voie publique. Un autre de ces distributeurs existe devant le Point Kerros, lieu d'accueil quotidien des SDF, où la présence des cabots est acceptée. Nouvelle interrogation : quelles alternatives lors d'une hospitalisation ou, pire, d'une incarcération? Car certains propriétaires, sans famille pour les aider, ont déjà refusé des soins, ne sachant pas ce qu'allaient devenir leurs compagnons. La partie refuge-fourrière de la SPA du Petit-Minou, à Plouzané, dispose bien de 28boxes pour tout le territoire de Brest Métropole Océane (BMO). Mais cela a un coût.
Une aide à la stérilisation également à l'étude
Autre préoccupation d'actualité, pour une application espérée avant cet été, celle développée par Robert Tanguy, responsable du service animal et ville au pôle solidarités, citoyenneté et proximité de la municipalité: «Des jeunes errants voudraient que leurs animaux soient stérilisés, pour éviter des bagarres entre congénères et ne plus "subir" les périodes de chaleurs». Une telle opération, chez un vétérinaire, peut s'élever jusqu'à 150EUR chez un mâle, de 50 à 60EUR chez une femelle. Robert Tanguy demandera une «participation symbolique, de l'ordre de 10 à 15EUR, afin de responsabiliser les maîtres, leur rappeler qu'ils ont des obligations à respecter vis-à-vis du reste de la population». Un état général sanitaire du chien, avecremise à jour de toutes les vaccinations et mise en place d'une puce électronique pour l'identification, pourrait être réalisé. Coup de main supplémentaire dela part du service animal et ville, qui distribue aussi des laisses aux propriétaires et met à disposition de la nourriture pour leurschiens, une fois par moisminimum, dans le local de Lover Pause, rue Alexandre-Ribot. Ce lieu, géré par l'association Aides et dédié à la prévention des risques liés à la toxicomanie, dispose d'un enclos pour les canidés
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«Dans la rue, lechienest une source supplémentaire demarginalisation sociale»

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