Mastérisation des concours. L'inquiétude grandit à l'UBO
La voie que devront emprunter les futurs profs reste actuellement très nébuleuse. Une réunion publique d'information s'est tenue hier midi, à la fac Segalen.
Hier midi, les étudiants de la fac de lettres, ceux qui se trouvent en licence et en master, ont eu la surprise de voir leurs emplois du temps ajustés précipitamment, pour leur permettre d'être libérés à 12 h 30. Une « réunion publique d'information », organisée par les syndicats Unef, Sud, Snesup et Sgen, s'est en effet tenue à cette heure-là afin d'informer plus spécifiquement les étudiants sur la « mastérisation » annoncée des concours de l'enseignement, alors que celle de mardi était axée sur le statut des personnels de l'UBO : ces derniers y ont souligné le fait que la circulaire du 17 octobre 2008, intitulée « Campagne d'habilitation de diplômes de master pour les étudiants se destinant aux métiers de l'enseignement » restait particulièrement floue. Ils ont également protesté contre la suppression des stages.
Hier, jusqu'à 13 h 45, heure de reprise des cours, des membres du personnel de la fac de lettres, les présidents de différents départements ainsi que des représentants des syndicats ont ainsi pu faire un point sur la situation, devant environ 150 étudiants présents dans l'amphithéâtre 3.
Les questions ont essentiellement porté sur la réforme annoncée de la formation initiale des enseignants. Celle-ci devra, en effet, être sanctionnée par un diplôme universitaire de master professionnel « des métiers de l'enseignement et de la formation ». Cette mastérisation est censée s'appliquer à partir de 2010 pour les futurs enseignants. Dès lors, les concours de professeurs des écoles et le Capes, intégrés dans un cursus universitaire, seront ouverts à tout titulaire d'un master 2, de niveau bac +5. Mais les modalités de ce nouveau cursus et des concours qui doivent le valider restent encore flous. Une situation qui fait naître beaucoup d'inquiétudes sur les bancs de l'UBO.
Délai pour la remise
des maquettes
« Comment assurer en deux ans un master recherche valable, des stages et une préparation aux concours ? », s'interroge Antoine, en master 1 de psychologie. À la sortie de l'amphi, les enseignants-chercheurs ont continué les discussions avec les étudiants au détour des couloirs. Ghislaine Lozachmeur, présidente du département de lettres modernes, a notamment jugé « aberrant qu'on engage des gens dans une voie et qu'on ne puisse pas leur faire passer de concours au bout de deux ans ». Mais, en l'état, « il n'y a rien de décidé. Nous attendons encore des informations, qui devraient arriver à la fin du mois ou en janvier. Pour l'instant, nous avons obtenu un délai pour rendre les maquettes du futur master au 15 février ». En attendant, les enseignants-chercheurs restent très prudents : « Notre but n'est pas d'inquiéter outre mesure », confie l'enseignante. Toutefois, les supputations vont bon train, « les conseils de département et de faculté sont dans l'expectative et de nombreuses motions sont votées dans toute la France ». Une nouvelle réunion d'information est annoncée par les mêmes syndicats, lundi, à 12 h 30, en sciences.