Caricature et religion(s). L'UBO invite à s'interroger
Les religions entretiennent un rapport conflictuel avec la caricature, tout en ayant parfois usé du genre, elles aussi. Colloque et expo se penchent sur le sujet.
« Pourquoi les religions ont-elles autant horreur des caricatures, alors qu'elles ont souvent elles-mêmes caricaturé, jadis, leurs propres hérétiques et les religions concurrentes ? », s'interroge l'enseignant-chercheur Jean-Claude Gardes, du comité d'organisation du colloque « Caricature et religion(s) », qui se tiendra à la faculté des lettres, du 22 au 24 mai, à l'initiative de son équipe interdisciplinaire de recherche sur l'image satirique (Eiris).
L'idée de ce colloque est née de deux événements marquants de l'année 2005 : le centenaire de loi portant séparation de l'Église et de l'État en France et l'affaire des caricatures de Mahomet, publiées dans un quotidien danois (puis par Charlie Hebdo) et ayant provoqué une vive réaction dans de nombreux pays musulmans. De nombreux universitaires étrangers participeront à ce rendez-vous.
Soixante-trois caricatures
La première journée, le jeudi 22 mai, présentera quelques représentations iconoclastes de la religion au cinéma, dans la bande dessinée et les journaux satiriques d'aujourd'hui. Les travaux et communications du lendemain porteront sur les rapports entre caricature et religion(s) en Europe et en Asie. La matinée de clôture, le samedi, s'interrogera particulièrement sur la problématique de la caricature « autour de Mahomet ».
Parallèlement à ce colloque, le service culturel de l'UBO a mis sur pied une exposition de 63 caricatures anticléricales de diverses époques, dont la plus ancienne, anti-chrétienne, date du III e siècle, accompagnées d'un commentaire permettant de les resituer dans leur contexte. L'exposition occupera une partie du hall d'accès à la fac Segalen, du 22 au 28 mai.
Prévert, l'anticlérical
Troisième événement en lien avec le colloque : les deux représentations, les 22 et 23 mai, de « La crosse en l'air », de Jacques Prévert, par la troupe théâtrale des Filles de la pluie. Écrit en 1936, en soutien à la République espagnole menacée, « La crosse en l'air » est un récit poétique très anticlérical qui voit un veilleur de nuit s'en prendre directement au pape et évoluer dans un Vatican fréquenté par des personnages inspirés des grands d'Europe des années 1930, futurs soutiens au fascisme.
Pratique
Entrée gratuite au colloque. Contact,
tél. 02.98.01.68.43.
Spectacle « La crosse en l'air », par les Filles de la pluie, à la salle du Clous, près du RU L'Armen. Tarifs : 7 et 4 €. Réservations auprès du service culturel de l'UBO tél. 02.98.01.63.67.