Bac 2008. La fin d'une époque
En donnant les résultats du bac le lendemain des délibérations, les jurys bouleversent un rituel qui, s'il reste présent en filigrane, ne sera plus jamais vraiment le même.
Tous ceux qui ont passé leur baccalauréat avant 2008 se souviennent très bien du jour des résultats. De l'attente angoissée, massés tous ensemble face aux indémodables panneaux d'affichage. De la boule au ventre qui se décuple au passage des grandes feuilles blanches, que l'on parcourt d'un doigt nerveux dans la quête de son nom, apercevant ceux des copains. Des cris, des pleurs, de la libération pour certains, de l'effondrement pour les autres.
L'angoisse est là
Aujourd'hui, la donne n'est plus la même. Hier matin, au lycée Jules-Lesven, ils étaient certes beaucoup, mais leur nombre ne pouvait rivaliser avec les foules des années précédentes.
Par petites grappes, tout au long de la matinée, ils arrivaient. Bien évidemment, l'angoisse n'a pas disparu, bien au contraire. Certains, parmi les plus matinaux, portent les stigmates d'une nuit où le sommeil se fit rare.
On accélère un peu le pas à la vue des panneaux, que l'on gagne rapidement. Portables vissés à l'oreille, nombreux sont ceux qui annoncent la nouvelle, bonne ou mauvaise. Quelques couples, main dans la main, se réconfortent ou se congratulent.
« J'y suis, et toi aussi ! », s'écrie une jeune fille à l'adresse de son amie. L'ambiance des bacs passés n'est pas totalement partie.
« Un rituel important »
« Je suis très content, car malgré le changement, l'affichage des résultats reste un rituel important pour les élèves », explique Éric Raguénès, adjoint au lycée polyvalent. « Les bacheliers restent, se retrouvent, discutent de leurs résultats », poursuit-il avant d'ajouter que « le fait de recevoir ce résultat, au lycée, entouré de l'équipe des enseignants, est décisif pour les élèves qui doivent aller au rattrapage. En discutant avec leurs professeurs, ils peuvent faire le meilleur choix possible pour le second tour ».
Certes, tout cela est indéniable. Mais - en ayant à l'esprit la liesse, la foule, les sensations d'autrefois - lorsque l'on regarde ces petits groupes aller, venir, sortir pour de bon, presque en cachette, de la vie lycéenne, on ne peut s'empêcher de penser que c'est un peu dommage.