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Énergies marines. «C'est le moment de concrétiser !»

16 octobre 2009

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Les énergies propres issues de la mer peinent à s'imposer en France. «Il est pourtant urgent d'accélérer le mouvement» selon Michel Ricard, ancien président du Conseil national du développement durable.



Les entretiens Sciences et Éthique, qui se déroulent jusqu'à ce soir à Océanopolis, tentent de mesurer la place et surtout l'avenir des énergies renouvelables de la mer. Éoliennes flottantes (vent), éoliennes sous-marines (courant) ou récupération des eaux froides en profondeur... Michel Ricard, également responsable du réseau des Universités des pays méditerranéens, est l'un des plus ardents défenseurs de ces énergies en France.

On a le sentiment que les choses n'avancent pas très vite, en matière d'énergies renouvelables de la mer...
Michel Ricard: cela dépend à quelle échelle de temps on se place. Certes, le nucléaire a longtemps sclérosé la réflexion et les investigations françaises. Le pouvoir politique a également traîné des pieds dans le domaine. C'est pourtant maintenant qu'il faut se lancer, à un moment où nous ne sommes pas encore tout à fait au pied du mur.

Où en sont les projets menés en Bretagne?
Les sociétés continuent de tester leurs prototypes. Mais maintenant, il faut passer à l'industrialisation et entrer dans la production opérationnelle.

Pourquoi est-il aussi urgent de soutenir ces énergies renouvelables?
On connaît parfaitement l'état des stocks et les conséquences des énergies fossiles. On connaît aussi bien les limites du nucléaire. Essayez de construire une nouvelle centrale nucléaire en France et vous verrez le résultat. Notre salut passera par la diversité énergétique. Si on ne fait rien, on court à la catastrophe, à la dépendance, aux hausses inconsidérées des cours.

Mais quelle part effective pourraient occuper ces énergies issues de la mer?
La part qu'on voudra bien leur donner. C'est faux de penser que ces énergies sont de la poudre aux yeux, qu'elles ne sont qu'accessoires. Le potentiel est immense. Évidemment, on ne passera pas au tout renouvelable. Ces nouvelles sources d'énergie viendront progressivement compléter l'offre actuelle et s'y mêler.

Et le coût de ces énergies?
Il faut resituer ce coût dans un effort de production global. Un peu comme pour l'eau où le prix est lissé. Il ne faut surtout pas que cette notion de coût soit un frein au développement de ces nouvelles et indispensables sources d'énergie.

  • Propos recueillis par Stéphane Jézéquel
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