Éducation. Les enseignants donnent la leçon
Environ 2.000 enseignants, étudiants, lycéens et parents d'élèves ont battu le pavé, hier,
pour « défendre
le service public d'éducation » et pour « la réussite de tous les élèves ».
De tous les slogans entendus ou écrits sur des pancartes et des banderoles, hier, la palme revient sûrement à ceux des membres du conseil local FCPE des écoles Lyon-Algésiras. Morceaux choisis : « Anglais : Dark cos ! L'avenir est sombre ! », « Con jus gai zon : jeux voeux apprendre, tu veut m'apprendre, Darcos ne veu pas » ou « Sport : on court, on court après un poste, on court, on court à la catastrophe ».
La manifestation pour la « défense du service public d'éducation » et pour « la réussite de tous les élèves » - logique, en cette Journée mondiale de défense et de promotion des droits de l'enfant - a réuni quelque 2.000 personnes, qui ont défilé dans le centre-ville brestois pendant environ une heure et demie. « On n'avait pas vu cela depuis longtemps », commente Daniel Ravasio, secrétaire départemental de la Fédération syndicale unitaire (FSU). Tout a débuté aux alentours de 11 h, sur la place de la Liberté, où différents porte-parole syndicaux locaux (CGT-Éducation, FSU, Sgen-CFDT et Sud-Éducation) avaient lu, tour à tour, un texte commun. Olivier Cuzon, pour Sud-Éducation (Solidaires), a fait réagir la foule massée au pied des marches de l'hôtel de ville, qui a répondu par l'affirmative à ses questions : « Vous pensez que l'éducation mérite d'être une priorité nationale ? Que, pour la jeunesse, l'éducation doit être l'investissement principal de notre pays ? Que son avenir est de notre responsabilité ? Que les enjeux scolaires et les enjeux sociaux sont indissociables ? ». Auparavant, Romain Caro, un militant de l'Union nationale des étudiants de France (Unef), s'était fendu d'une courte intervention, calquée sur le modèle de « J'accuse ! ».
Jusqu'à 64,8 % de grévistes dans les écoles
Bref, les manifestants ont voulu envoyer un message fort au gouvernement. Notamment les professeurs des écoles du Finistère, qui ont compté 64,8 % de grévistes dans leurs rangs. Ils étaient 27,4 % dans les collèges, 17,8 % dans les lycées professionnels et 15,5 % dans les lycées d'enseignement général et technologique.
Et après la mobilisation, place maintenant à la discussion. Du moins du côté du Sgen-CFDT. Loïc Balouet, son responsable départemental, souhaite obtenir « des avancées sur les conditions de travail et une meilleure école pour tous ». Car un syndicat, « ça doit faire évoluer le système ».