Education, Fonction publique. La colère
L'appel à mobilisation initial des syndicats de l'Education nationale a été, hier, suivi par 3.000 représentants de la Fonction publique, quelques-uns du privé et des lycéens. A 11 h, le cortège, formé place de la Liberté s'est élancé pour un tour en ville.
« Charlemagne a inventé l'école, Jules Ferry l'a ouverte à tous, Darcos... ». Pancartes en carton, scotchées sur le dos des uns et des autres, ou banderoles témoignent du malaise que provoquent les projets gouvernementaux de réformes de la Fonction publique. Au micro, Lucas, porte-parole des lycéens, dit, dans un slam rythmé, le ras-le-bol général. « On nous amène vers un capitalisme libéral (...). Nous ne voulons pas de cette école-là. Nous voulons une école pour tous. C'est pour ça que nous sommes dans la rue, c'est pour ça que nous y retournerons ».
Tous, dans le cortège, dénoncent la baisse des effectifs enseignants et la réforme des programmes du primaire, faite, selon eux, à l'emporte-pièce, sans concertation.
Premier degré :
79 % de grévistes
Quinze fermetures de poste à la rentrée prochaine, sur les 64 prévues dans le département, concernent Brest. La remise en cause de l'accueil des enfants de moins de 3 ans (69 % en Finistère, contre 25 % en France), point de désaccord majeur à la FCPE, est aussi dénoncée.
Dans les écoles du Finistère, le taux de grévistes des enseignants du premier degré a été évalué à 79 % par l'inspection d'académie.
Un taux exceptionnel, moindre en collège (57,9 % tout de même) et en lycée pro ou d'enseignement général (35 % environ).
Olivier Cuzon (Sud-éducation) et Olivier Le Pichon (CGT) ont dit l'importance d'inscrire cette mobilisation dans la durée et de l'étendre à tous les secteurs du public et du privé. « Nous sommes satisfaits de la participation à la manifestation car il est important que "ça se voie" ».
« Réamorcer la pompe
à manifester »
Mais cette étape du 15 mai doit être un marchepied pour le 22, à la double plate-forme : la défense des retraites qui induit celle de l'emploi, et de la Fonction publique en général.
« Des mobilisations comme celle d'aujourd'hui ne suffiront pas à faire bouger le gouvernement. La tactique de Darcos, violente et bien huilée, fonctionne.
« Au mois de décembre, nous étions déjà très nombreux dans la rue ».
Après les week-ends prolongés du mois de mai, il a fallu réamorcer la pompe à manifester. « Nous nous employons à inscrire le mouvement dans la durée. Il doit être unitaire et interprofessionnel ».
Prochain rendez-vous spécifique à la défense de l'Education nationale, le samedi 24 juin.