Marie Marchalot (CFDT) : « Un dialogue au quotidien »
Cadre administratif à l'Ifremer, à Plouzané, Marie Marchalot est conseillère prud'homale depuis 1997. La syndicaliste brigue un troisième mandat, qui sera son dernier.Cette phrase sera prononcée à plusieurs reprises au cours de l'entretien : « Le dialogue social au quotidien ». Voilà comment Marie Marchalot résume son rôle de conseillère prud'homale. À 58 ans, elle brigue aujourd'hui un troisième mandat pour le compte de la CFDT, dans la section encadrement.
Mais, en cas d'élection, elle prévoit de « passer le relais en cours de mandat », à un « plus jeune », de préférence. Car cette cadre administrative à l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), à Plouzané, fera valoir ses droits à la retraite. Elle pourrait continuer, certes, histoire de « donner un coup de main ». Mais ne préfère pas.
La fin annoncée d'un parcours entamé en 1997. À cette époque, Marie Marchalot avait dû faire des « efforts de formation », ce qui demande « de l'énergie ». Les conseillers prud'homaux disposent de 36 journées par mandat pour se familiariser au droit du travail et à ses subtilités.
« Curiosité intellectuelle »
C'est par « curiosité intellectuelle » que la syndicaliste s'est lancée dans l'aventure, avec une « envie de peser concrètement sur ce que l'on appelle la jurisprudence ».
Et, en un peu plus de dix ans, Marie Marchalot ne se rappelle que « deux affaires » où elle et son alter ego représentant les salariés ont eu du mal à s'entendre avec les deux conseillers portant l'étiquette des employeurs. Une formation à quatre « juges », qui siègent une fois par mois en moyenne, turnover oblige, avec leur médaille officielle (et son ruban bleu et rouge) autour du cou. Au bout d'un moment, à force de se côtoyer, « nous avons de l'estime les uns pour les autres ».
Avant le passage devant le « tribunal », une conciliation - à huis clos - est toujours tentée avec le salarié et son employeur : « Nous essayons de voir s'il n'y a pas d'arrangement possible dans le fond du dossier pour que le litige s'arrête là. Malheureusement, ce n'est quand même pas tous les jours » que ces discussions aboutissent.
Autre partie du travail, toujours dans l'ombre, la rédaction des jugements, qui peut durer entre trois et cinq heures. « La personne qui a saisi les prud'hommes a besoin de comprendre pourquoi et comment nous sommes arrivés à une décision, forcément commune. Un bon jugement est un jugement où il n'y a pas d'appel ».