Futur Pôle emploi. Les agents de l'ANPE pas convaincus
La fusion de l'ANPE avec les Assedic suscite des interrogations du côté des salariés de l'Agence nationale pour l'emploi. Ils ont débrayé hier.
La « quasi-totalité » des offres d'emploi étaient « suspendues », hier, à Brest : les agents de l'ANPE se sont mis en grève, à l'appel national de huit organisations syndicales (CFE-CGC, CGT, CFDT, Force ouvrière, Snap-CFTC, Snu-FSU, Sud et Unsa), en prévision de la fusion programmée de leur entité avec les Assedic. Fusion qui donnera naissance, le lundi 5 janvier prochain, au Pôle emploi et dont les conditions suscitent bon nombre d'interrogations chez les salariés.
Ce mouvement, suivi à « 85 % » selon les syndicats brestois - à défaut d'un chiffre local, la direction départementale Finistère nord évoquera les quelque 55 % de grévistes en Bretagne -, a provoqué la fermeture de l'agence de la rue Jean-Jaurès, où seulement deux employés s'étaient présentés. Celles de l'Observatoire et de l'Iroise ouvrant bien leurs portes, mais avec des effectifs plutôt maigrichons (respectivement six et cinq agents).
« Des robots à la place des conseillers ? »
Le choix de la date de cette mobilisation ne devait rien au hasard : depuis hier, les demandeurs d'emploi sont systématiquement renvoyés sur une plateforme téléphonique, qui filtre toute demande de conseil(s). « Ils ne pourront pas se présenter spontanément au Pôle emploi », considère Rémy Laurans, secrétaire départemental du Snu-FSU. D'où cette question, qui apparaissait sur un tract : « Pourquoi pas des robots à la place des conseillers ? »
Autre point d'achoppement, lorsque le Pôle emploi fera officiellement son apparition, le personnel de l'ANPE récupérera automatiquement le travail des salariés des Assedic. L'inverse ne se vérifiant pas forcément, car basé sur le volontariat. Sans compter que les « portefeuilles s'avèrent actuellement hyper gonflés », dixit Rémy Laurans, avec l'obligation de recevoir les bénéficiaires du Revenu minimum d'activité (RMA), ainsi que toutes les personnes en fin d'intérim, au pire 15 jours après la fin de leur dernier contrat. Ceci à « effectifs constants ». Une assemblée générale s'est tenue, dans la matinée, à la Maison du peuple : sur les 35 employés présents, 30 ont voté la reconduction de la grève. Sauf qu'aux niveaux régional et national, il n'en a rien été : une nouvelle mobilisation est certes prévue. Mais ce sera le mardi 16 décembre ou le... lundi 5 janvier.