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École navale. Un officier espagnol à un poste clé

16 octobre 2009

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Mais que fait cet expérimenté officier espagnol à l'École navale? Du jamais-vu, toutes écoles militaires confondues en France. Des élèves étrangers, on en croise régulièrement à l'école militaire du Poulmic. Des enseignants ou des instructeurs également. Mais des officiers étrangers à ce poste, il s'agit d'une première. Il fallait oser, quitte à bousculer les habitudes et les traditions les mieux ancrées! Alfredo Pardo est le directeur de cours de cette nouvelle promotion d'élèves-officiers, les «Fistots», dans le jargon. Cette pièce rapportée a la responsabilité de la motivation et du suivi des 100élèves fraîchement arrivés. C'est à lui d'insuffler la dynamique et de faire respecter le cadre militaire de la promotion. C'est dire la responsabilité et l'honneur qui lui a été fait. «J'ai bien conscience que c'est une première dans la Marine et au sein des différentes écoles militaires».

Sous-marinier de métier

À 41 ans, le capitaine de corvette (quatre galons) a véritablement le profil de l'emploi. Sous-marinier de formation, habitué à travailler auprès des marins français (deux années passées à bord de sous-marins français à Toulon), il embarque cette fois-ci pour deux années entièrement dédiées à une marine amie. «C''est un beau défi. Je me dois d'être à l'écoute de ces jeunes filles (10%) et garçons qui font leurs premiers pas dans l'institution». Plutôt à l'aise en français, l'officier espagnol s'efforce aussi d'être irréprochable sur la forme, la grammaire, le vocabulaire, les mots choisis. «Ma crédibilité passe déjà par là. Le plus difficile, c'est de trouver les mots justes et les bonnes intonations en français», et particulièrement auprès de ces jeunes aussi brillants, attentifs, débordant d'énergie et d'envie de bien faire. La question se pose surtout lorsque j'ai besoin de hausser le ton et de faire preuve d'autorité. J'ai d'ailleurs toujours les plus grandes difficultés à me fâcher en français... ». Pour le reste, son expérience de plus de dix années passées à bord des sous-marins d'attaque l'aide au jour le jour. «La vie, la discipline et le langage des marins sont universels».

Jusqu'à 10% d'abandons

Des différences notoires avec l'école navale espagnole? «EnFrance, j'ai l'impression qu'il y a plus de pragmatisme, notamment au niveau de la représentation et des défilés militaires. Je crois aussi que les élèves français acquièrent plus rapidement leur autonomie». Son objectif principal? Aider à l'épanouissement des nouveaux élèves et limiter le nombre d'abandons, qui peuvent approcher les 10% dans certaines promotions.

  • Stéphane Jézéquel
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