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«Disque vert». Le Gouëfflec fait le pont

16 novembre 2009

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Arnaud LeGouëfflec revient. Que l'on se rassure: iln'était pas parti bien loin. Juste letemps depeaufiner unremarquable «Disque vert» dont il rêvait et qu'il donnera vendredi soir sur scène à la Carène.

Les ponts impossibles n'existent pas. Les gouffres infranchissables ne sont que chimères. Lapreuve? Arnaud Le Gouëfflec vient de bâtir un viaduc bizarroïde et diablement bien construit entre deux de ses idoles que rien ne prédisposait à s'acoquiner ensemble. «J'ai écouté Trénet enfant, j'ai écouté cet Ovni indémodable. Et quand j'ai été ado, j'ai pris le rock dans la gueule. Le Velvet Underground a tout changé». Un pont entre le fou chantant et les copains de Warhol. Faut être dingue. «Trénet est le premier à avoir adapté des rythmes modernes sur de la chanson française, le swing à l'époque. C'est, toutes proportions gardées, ce que j'ai essayé de faire».

L'improvisation n'est pas nécessairement pénible

Le résultat, le pont rococo s'appelle «Disque vert» qu'Arnaud LeGouëfflec a mis deux ans à fignoler. Il a même été cinq mois en résidence à la Carène où des invités prestigieux et baroques sont venus rejoindre l'entreprise foldingue. «Noël Akchoté, un guitariste qui a collaboré avec Chet Baker et Eugene Chadbourne, est venu en vrai des États-Unis. Une légende, un dieu, un pape de l'undergrond, auteur de 400albums dont 300autoproduits. À sa façon, il a été punk avant l'heure». Le tout est hallucinant d'inventivité et de créativité, volontiers frondeur avec les canons de l'académie. «La musique expérimentale n'est pas forcément pénible», s'amuse Arnaud LeGouëfflec, «elle est inventive et ludique». La musique expérimentale, servie ici par tout ce qui émet un son, «doit être au service de cette histoire miniature qu'est une chanson. Enrefusant d'être scolaire, nous ne gardons que ce qui sert la chanson». Quitte à ce qu'elle fasse 18' comme «Le mollusque» qui finit par s'écraser sur la tête du président de la République, parce que «je m'en fous du formatage. J'avais juste une chanson longue à faire».

Architecte lumineux

En se servant de tous les fils musicaux qui pendent à ses doigts, en baguenaudant entre un trait d'électro, un zeste de jazz, une touche de rock, une louche d'impro, un soupçon de pop et une bonne tranche de chanson, LeGouëfflec remet en plein dansle mille et se fait l'architecte éclairé de ce pont pataphysicien. De ce pont, «en cohérence avec ce que je sais faire, je crois, à savoir raconter des histoires sous toutes les formes». Pratique Arnaud Le Gouëfflec vendredi à la Carène à20h30. Entrée gratuite dans la limite des places disponibles.

  • Steven Le Roy
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