Costour. Qu'elle était verte, ma vallée
C'est un peu de l'éternel combat entre l'homme et la nature qui se joue actuellement dans la vallée du Costour, charmant écrin de verdure que les pelleteuses et un projet urbain ont subitement sorti d'une discrète quiétude.Hormis les quelques riverains, des joggeurs ou des promeneurs habitués des lieux, il faut bien reconnaître que la vallée du Costour s'étend dans un relatif anonymat. Une particularité - une chance disent ses thuriféraires - largement due à son encaissement abrupt au milieu d'un plateau partagé entre les communes de Guipavas, du Relecq-Kerhuon et de Brest. De fait, depuis la proche zone du Froutven, seules des cîmes éparses indiquent la présence d'une vallée sauvage ceinturant un étang où s'ébrouent des hérons et viennent boire des chevreuils.
Les bulls à l'attaque
Le site aurait pu continuer à couler des jours paisibles si le développement urbain n'avait rattrapé son cours. Dans le creux du vallon s'achèvent, en effet, des travaux d'enfouissement de canalisations d'évacuation des eaux usées conçus pour connecter le plateau du Froutven à la station d'épuration du Moulin-Blanc, en contre-bas.
« Je n'ai rien contre le principe de cet aménagement mais je m'interroge sur l'utilité de pratiquer une trouée de 10 m de large afin d'enfouir deux tuyaux. Toute la végétation y est passée. Maintenant, on dirait une décharge », s'exaspère Eric Basquin.
3.000 logements
Touché par ces cicatrices, ce Relecquois, tombé sous le charme de la vallée à la faveur d'un double-clic sur « Google Earth », s'émeut également de voir poindre ce qu'il considère comme un danger d'asphyxie de l'écosystème : « Le programme immobilier du Rody fera sortir 3.000 logements des terrains limitrophes. Du béton, des populations : l'impact pour la faune et la flore de la vallée sera terrible ».
Eric Blasquin n'est ni un écologiste radical, ni un gardien jaloux de son jardin secret. D'ailleurs, il se réjouit de la nouvelle célébrité du Costour. « Si les gens ignorent sa présence, les promoteurs immobiliers, eux, n'oublient pas de s'étendre. Il faut qu'une conscience éco-citoyenne s'empare du sujet avant qu'il ne soit trop tard ».
Réflexion à enclencher sans tarder
Ce message a déjà trouvé des échos dans les relais associatifs locaux soucieux de préservation de l'environnement comme Bretagne vivante ou AE2D (lire par ailleurs). Christian Bucher (Verts) apporte également son soutien : « L'Agenda 21 nous promet d'amener la nature en ville. Avec la vallée du Costour, c'est déjà le cas. Il ne faut pas la dénaturer ».
Chaque personne qui s'y promène un jour en conviendra. Si en plus il s'agit d'élus, la vallée trouvera de précieux alliés. Mais de l'aveu de Christian Bucher, même ses collègues Verts au conseil municipal ou communautaire n'ont qu'une petite connaissance de la biodiversité du site. « Je me charge de les informer », assure-t-il. « Car la réflexion autour de la préservation du site doit s'enclencher sans trop tarder dans les conseils compétents ».