2 novembre 2009
Dévoilé au grand public avec son premier album «La chance», Anis débarque àlaCarène, vendredi, avec sondernier opus «Rodéo Boulevard». Rencontre avecunmusicien àfleur de peau.
Vous revenez trois ans après un premier disque avec «RodéoBoulevard». Ya-t-il eu une pressionau moment de l'écriture?
Non, pas du tout justement. Je m'en fichais de cette pression autour du second album. J'ai fait avant tout des chansons qui me plaisaient. Maintenant, je croise les doigts pour qu'elles plaisent autant au public. Pour mon premier album, j'étais passé par des conditions certes confortables mais difficiles. Aujourd'hui, jesais ce que je veux, puisque jesuis déjà passé par l'étape des studios. Quant à l'écriture, ças'est passé dans des conditions vraiment relax. Je suis allé six mois à Lisbonne. Le matin, jeprenais ma petite chaise de camping, ma guitare et mon dictaphone et j'allais composer sur une crique.
Le titre «RodéoBoulevard» porte un certain regard lucide sur la société. Vous considérez-vous comme un chanteur engagé?
Non, pas vraiment. Pour moi, l'engagement passe par des petits gestes dans la vie quotidienne. Comme, par exemple, donner des sous à des sans domicile fixe. Je ne suis pas non plus impliqué dans une association.
Rester fidèle à votre style du premier album, était-ce important pour vous?
Ce qui est sûr, c'est que je ne l'ai pas fait en fonction de ce qu'on attend de moi. Comme un ami le dit si bien, «ce n'est pas parce qu'on aime ce que je fais que j'ai des comptes à rendre». C'est sec comme phrase mais c'est la vérité. Je ne fais pas en sorte de rentrer dans un moule pour plaire.
Comment se passe votre tournée?
Ça fait déjà un an que je suis sur les routes. Elle se termine dans moins d'un mois. On vit un peu les mêmes conditions que les VRP (Voyageur, Représentant, Placier). On dort dans des hôtels, on s'arrête boire un café dans des stations-service. Bref, il n'y a pas que le côté paillettes. Il faut en vouloir. Le plus dur, c'est quand on est mal, qu'on a une gastro et que l'on doit assurer en concert, garder le sourire. Ce n'est pas évident, il faut le faire. J'aime beaucoup Brest. Cette ville a un côté charmant. Elle dévoile, sous ses airs tristounets, une atmosphère particulière.
Le téléchargement, qu'en pensez-vous?
Je ne suis pas pour la loi Hadopi. Néanmoins, je n'aime pas que les gens téléchargent. Ilfaut qu'ils prennent conscience que même si on est des artistes, nous ne sommes pas millionnaires, à l'abri du besoin. Acheter les albums, c'est mettre la main à la pâte. Il y a vraiment une méconnaissance du métier. Je ne suis pas d'accord avec cette notion de gratuité. Télécharger, c'est comme ne pas payer la nourriture, les vêtements. Si on doit payer certaines choses, pourquoi on ne le ferait pas pour la musique.
Pratique En concert vendredi à 20h30, àlaCarène. Tarifs: de19 à 23 EUR. Tél.02.98.46.65.99. Site Internet, www.anis-music.com
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