11 novembre 2009
Père, famille, ami et même une mère: incroyable, le nombre des abonnés absents compté dans ces deux premières séries. Une fois de plus, l'excellence est à chercher hors de l'Hexagone.
Pourquoi? Pourquoi faut-il que le cinéma français bavarde en crapotant au moins une fois par festival? Quelle épreuve que de jouer aux intrus dans cette conversation à huis clos évoquant en poses le suicide d'un ami de cette tablée étrangère. Fermons pudiquement la porte de «French Courvoisier», de peur de gêner le babillage, pour l'ouvrir en grand sur tout le reste. Car les autres films présentent au moins quelques qualités, à défaut d'être tous excellents. C'est ainsi que les intentions du «Luigi indelicato» sur l'emprise mafieuse en Sicile allument quelques lumignons qui ne feront hélas que clignoter, par la faute d'une lumière hésitante et d'un scénario déjà vu dans «Gomorra». C'est ainsi que la belle lenteur et l'audacieux mutisme de «Suzanne» des Belges Baptiste Janon et Julien Montfort plombent un peu trop l'effort stylistique et expérimental de l'oeuvre. C'est ainsi enfin que «Waramutseho!» donne un étrange sentiment de déjà-vu ailleurs sur la rivalité meurtrière de deux camps. Si, cette fois-ci, ce n'est pas le conflit israélo-arabe mais le rwandais qui guide le choix du réalisateur Auguste Bernard Kouerno Yanghu, cette métaphore hélas éternelle de deux amis qui vivent la guerre par procuration n'a rien d'original, en dépit d'un bel esprit et d'une interprétation juste.
Sociotraître et Phil Collins
Mais bon. C'est encore quand il est planté les deux pieds dans ce qu'il sait faire que le jeune cinéma européen montre l'étendue de son talent. À savoir traiter de l'adolescence et des absences d'un des parents: à ce jeu-là, les Scandinaves sont imbattables, comme en témoignent notamment la dernière scène éblouissante de «Lars et Peter» et la profondeur bouleversante de justesse d'une «Anna» un brin longuette toutefois. La «Procuration» de Vital Philippot, qui n'a rien de déshonorant, loin s'en faut, hésite sans doute un peu trop entre les genres pour évoquer le trépas d'un père militant vu par son «sociotraître» de fils, pour parvenir à la hauteur des fjords. Reste que la plus belle disparue de ces séries est, sans conteste, Kim Basinger promise aux frères qui la recherchent dans Buenos Aires au bout d'une java hilarante. Le film d'Édouard Deluc, pure comédie intelligemment écrite et véritablement drôle, aura en plus appris un truc: dans les bordels argentins, Marvin Gaye vaut plus que Phil Collins. Et pas que là, d'ailleurs.

Carnet de la Jeanne (J-106). Accostage à Valparaiso
Festival Oups! Une belle palette de spectacles
Le Quartz. La fine fleur des bagadoù dimanche
Faune marine. Un café-livres sur une ichtyonymie bretonne
Appel Détresse. Reconstruire un foyer de l'enfance en Haïti
Delphine Beauté. L'esthétique à domicile pour tous
Alizé. «Tous les mots du monde» de deux clowns
I LOVE YOU PHILLIP MORRIS
BMO et Parc d'Armorique. Une convention pour Natura 2000
Festival Oups ! Théâtre d'objets marionnettes...
Tribunal. «On va rigoler à la sortie»
NAISSANCES
1. «Ali» et «Miroir, miroir».