Cité des Augustes. Les grandes manoeuvres
Dans son antre de Saint-Pierre, la Cité des Augustes se faisait oublier. Son réveil estival est tonitruant : la troupe sera, demain soir, place de la Liberté, puis sous le village des sciences de Brest 2008, pour une semaine de vulgarisation scientifique décoiffante.
Parfois, à force d'être bien au chaud, de talentueux artistes se laissent aller à la facilité.
Voilà un travers qui ne guette pas la Cité des Augustes. La troupe de Sydney Bernard a, certes, quitté son chapiteau pour un antre plus spacieux et confortable, dans le bourg de Saint-Pierre. Mais, loin de s'assoupir, ce refuge « en dur » lui a donné une nouvelle force, qui va sauter aux yeux, à l'occasion des festivités qui se succèdent cet été. « Cet ancrage nous a aussi permis de faire la synthèse de tout notre travail. Nous nous sommes éloignés du travail du cirque et du clown, tout en gardant ce côté décalé, que nous avons réinjecté dans le théâtre des savoirs et de l'imaginaire », décrypte Sydney Bernard.
Sous le village des sciences de Brest 2008
Le premier acte estival de cette montée en puissance aura lieu demain, à 20 h, place de la Liberté. Aux côtés du Fourneau et de la troupe Générik Vapeur, Sydney Bernard et sa troupe participeront à la parade qui suit la présentation des équipes du Tour de France. À cette occasion, leurs « Astrobulles » devraient faire des merveilles. Ces grandes sphères lumineuses et musicales roulent depuis cinq ans, au rythme de 150 à 200 dates à l'année, sans jamais amasser mousse. À preuve, elles reviendront d'ailleurs pendant Brest 2008, le temps de trois parades, les 11, 12 et 13 juillet. Ce ne sera pas le seul acte de présence de la Cité des Augustes sur les fêtes maritimes : Sydney Bernard va élire domicile sous le village des sciences. Du 11 au 16 juillet, une dizaine de fois par jour, de 10 h à 18 h, il fera fonctionner son « synapse », cette drôle de machine qui ferait pâlir Jules Verne avec ses deux gigantesques façades, l'une rétro, l'autre futuriste. « L'idée, c'est d'être "le queue-rouge", le bonimenteur, celui qui est chargé de faire entrer le public dans les baraques foraines et, ainsi, lui permettre d'accéder à des questions plus scientifiques », reprend Sydney Bernard. Il poussera le vice jusqu'à faire un peu de prestidigitation, le temps de faire notamment apparaître un aquarium empli de poissons bien réels.
La fameuse
peau de bouc
Les derniers fers de lance de la Cité des Augustes seront les crieurs publics, qui déambuleront avec leurs chapeaux sonores et leurs tambourins amplifiés. Ils viendront conter - oyé, oyé ! - la fameuse histoire brestoise de la peau de bouc.
Sydney Bernard fera ensuite quelques infidélités à la cité du Ponant, en s'en allant notamment animer l'arrivée de la Figaro, à l'Aber-Wrac'h, les 14, 15 et 16 août. Le public brestois le retrouvera en octobre prochain, pour son nouveau spectacle, consacré à Vidocq, « le passe-muraille de Brest ». Avec pareille figure de proue, ce n'est pas encore cet automne que la Cité des Augustes va s'assagir.