9 mai 2009
Avec son album «Hobo», Charlie Winston a déboulé dans le paysage musical à la manière d'une météorite tombée de l'espace. Jeudi soir, sur la scène du Vauban, il a confirmé une chose: son blues est aussi travaillé que son look «Prohibition».
Dans la famille Winston, je demande la fille, Vashti, pour assurer la première partie de son frangin. Folk minimaliste, gratte sèche et vibrato. Style Mary Ingalls, petite musique dans la prairie. Franchement, pas encore de quoi se relever la nuit.
«Like a bobo»?
Il y a bien son frère, le fameux Charlie, qui rentre sur scène à un moment, pour l'accompagner sur un morceau. Ça sonne d'un coup plus «bluesy», mid tempo qui balance pas mal. Et puis une certitude: Charlie Winston sur scène, c'est le même qu'à la télé. Pantalon noir. Cravate grise sur chemise de bûcheron. Boléro et borsalino. Look Elliot Ness travaillé. Charlie Winston, «like a bobo»? Les quelque 500 spectateurs s'impatientent de le voir sur scène. Lui, et personne d'autre. Plus tard, et dans la famille Winston, toujours, revoilà donc le fils. Charlie débarque seul sur scène. Premier morceau et nouvelle certitude: ce type, qu'on aime ou qu'on n'aime pas, a une voix, une vraie, qui a la couleur du blues.
Son groupe le rejoint. Un batteur, un bassiste et un dénommé Ben Edwards, chromaticien et diatonicien surdoué au déhanché tout droit sorti desannées folles. Le concert s'envole dans des airs «Chicago blues». Ce n'est que le deuxième morceau et il n'y a guère, dans la salle, que le volumineux bar du Vauban pour rester impassible. Le public, quant à lui? Chauffé à blanc.
Transformiste vocal
Soul et jazz, Jamiroquai et rastaman jamaïcain, beatboxer et crooner, Charlie Winston est un type surprenant, capable de débuter un morceau a cappella avant de le faire brûler dans lesrythmes infernaux d'un gros blues qui crache et vous fait pousser la tignasse droite comme un «i». Quelques morceaux plus dispensables, aussi, quand le monsieur s'assoit au clavier, par exemple, et qu'il retrouve sa frangine. Le côté Big Walter Horton disparaît d'un coup pour laisser place à des symphonies mielleuses «eltonjohnesques». Le grand écart est rude. Mais le félin Winston retombe vite sur ses pattes
. On a eu chaud.
À noter Charlie Winston sera de retour dans le Finistère, le vendredi 9octobre, à 20 h 30à l'espace Avel-Vorde Plougastel-Daoulas. Tarifs: 20 et 25 EUR (frais de location inclus), réservations dans les points de vente habituels. Renseignements auprès de Quai Ouest Musiques, tél.02.98.44.93.15, site Internet, www.quai-ouest.net
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