14 octobre 2009
«Octobre rose» est le moisde sensibilisation au dépistagedu cancer du sein. Des médecins spécialistes ont, hier, à Brest, redit, chiffresà l'appui, la nécessitéde ne pas faire l'économie d'une démarche vitale, qui vaut pour d'autres cancers.
En Bretagne, le cancer est la deuxième cause de mortalité. Il représente 21% des décès féminins. «À Brest, plus encore que dans le Finistère en général, pour la femme, le cancer du sein est la première cause de décès par cancer. Aujourd'hui, c'est une maladie chronique. Elle ne vous saute pas dessus mais elle ne régresse pas toute seule. Il ne faut pas attendre pour ?bénéficier? d'un dépistage. Certains cancers sont flambants mais ce n'est pas la majorité. Cas typique: on dépiste un polype du côlon, on l'enlève et on n'en parle plus. Évitons qu'un cancer de petite taille, que l'on peut éradiquer par la chirurgie ou la chimiothérapie, ne dégénère en cancer de grande taille, soumis à des traitements extrêmement lourds. D'autant que le pourcentage de ces petits cancers, dits in situ, est très élevé en Finistère». D'une même voix, Patricia Saraux, médecin au service de santé publique de la ville de Brest, Yvon Foll, directeur de l'Adec 29 (Association de dépistage des cancers du Finistère) et Frédéric Staroz, président du Crisap 29 (*), mettent l'accent sur l'importance de la démarche,qu'elle soit organisée ou individuelle (chez le médecin généraliste).
Taille des tumeurs en diminution
Les données recueillies par le Crisap 29 sur le cancer du sein montrent qu'entre2000 et2008 (5.536 cas), la taille des tumeurs a diminué dans la tranche d'âge des 50-75 ans concernée par la campagne de dépistage organisé (mammographie tous les deux ans). Campagne qui pourrait être à l'origine de ce résultat positif. Autre élément, le nombre de cancers définis entre 45 et 50 ans est très proche de celui des 50-75 ans. Un argument pour étendre le dépistage. Ce sont 500nouveaux cas par an, en moyenne, qui sont décelés. En Finistère, le cancer du col de l'utérus est, lui, clairement sous-dépisté. «C'est une surprise», dit Yvon Foll. Au niveau national, dès 25 ans, 60% des femmes se soumettent tous les trois ans à un frottis. «Chez nous, faute d'une offre de soin suffisante (manque de gynécologues), comme du côté de Morlaix, Huelgoat ou Carhaix, c'est l'inverse. 60% des femmes ne pratiquent pas l'examen. «On ne devrait plus mourir de ce cancer. Or, tous les ans, il y a 3.000 cas nouveaux en France et 600décès. Le vaccin qui évite un cancer du col est déjà opérationnel. Il ne doit pas empêcher le dépistage».
«Dépasser le côté anxiogène»
Le cancer colorectal est, enfin, le deuxième cancer dont la femme meurt le plus. «À peine la moitié des femmes du département fidèles au dépistage du cancer du sein le sont à celui du côlon. Beaucoup pensent que le risque est essentiellement masculin. Mais elles ne passent pas au travers des mailles du filet. On note une vraie désaffection dans le dépistage de ce cancer, avec une participation en baisse de 15% entre les campagnes de 2004-2006 et 2006-2008. C'est énorme car les effets sont démultipliés. Ce sont 500 personnes qui ont perdu une chance de faire le dépistage à temps». Dépasser le côté anxiogène ou tabou de la démarche...
(*) Le Crisap 29 assure la collecte et l'exploitation des informations épidémiologiques fournies par les médecins d'ACP (anatomie et cytologie pathologique).
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