26 septembre 2009
Marrons et châtaignes au restaurant
C'est au moment de l'addition que tout est parti en quenouille. Avant, ces deux amis avaient un peu fait bombance et pas mal honoré la bouteille, sans faire d'histoire. «C'est l'autre, il s'est embrouillé avec le patron», se défend le seul prévenu des deux présents à l'audience. Et pas qu'un peu l'embrouille: le grand costaud absent a collé quelques gifles et marrons au restaurateur ébaubi avant de sortir une lame et entailler la main du garçon qui n'avait rien demandé de plus. «Moi, j'y suis pour rien», continue le présent dont il est vrai que tous les témoins s'accordent à réduire le rôle lors de la bagarre au hors-d'oeuvre. «Même pas, il a juste haussé le ton et n'a pas participé aux coups», s'indignerait même son défenseur, Me Lacoste, qui demande la relaxe. Reste que c'est lui que l'on a vu jeter au loin le couteau en loucedé et lui qui écope de trois mois de prison avec sursis et mise à l'épreuve. L'absent ayant toujours tort et emportant avec son invisibilité les raisons de cette soudaine dispute, Pierre Le Tiec est condamné à huit mois de prison.
Qui vole une crêpe vole un GPS
Ce ressortissant soi-disant polonais, quoique non reconnu par Varsovie qui ignore son identité, ne s'en sort pas. Pris la main dans la caisse d'une crêpière quelques fois l'an passé, c'est aujourd'hui dans un hypermarché qu'il a été retrouvé chapardant deux GPS «pour les revendre». Lukasz Branka réclame une dernière chance au tribunal. Toujours expédié par la case prison pour des vols ordinaires, il fait valoir qu'il a cessé de boire et qu'il vit le parfait amour, en dépit d'une existence hasardeuse dans un squat près de la gare. Son dossier fait apparaître en outre que ses papiers sont en voie de régularisation, et son avocat pinaille sur un détail de procédure accessoire. De quoi laisser le champ à peu près libre à l'accusation qui réclame la peine plancher et récolte quatre mois de prison ferme. Lukasz Branka est donc reparti entre les policiers avec un étrange goût d'inachevé.
Garde à elle
Strict et sévère, discipliné et responsable. Un rien emporté aussi, ce militaire d'à peine 30 ans, fusilier marin, qui a levé la main sur sa jolie compagne de l'époque. Et le pied, aussi. Pas de quoi rouvrir le procès de Landru, mais pour le procureur Léoquet, il s'agit de ne pas minimiser l'affaire. Me Labat convient de sa culpabilité et trouve l'attitude de la belle un rien «exagérée. Il sait comment se battre, et elle n'a subi qu'une ITT de deux jours. S'il avait voulu faire mal, ilaurait fait autrement». Peut-être, semble considérer le juge André en le condamnant à un mois avec sursis, «mais à bord des navires, vous faites la police. Vous ne pouvez pas la faire si vous ne vous appliquez pas la loi». Rompez!
L'observation des deux greffiers
Baffe et mornifle sur sa compagne, encore. Cette fois-ci, la douce venait de finir sa fête d'anniversaire quand son ex, «mais on allait recoller», lui passe un délicat petit coup de fil. Mais au bout de la discussion, soûl et jaloux, le jeune homme se persuade que la charmante enfant a couché avec son cousin, «et ça m'était intolérable», regrette-t-il aujourd'hui. Il lui donne rendez-vous sur le champ, elle accepte et descend quatre à quatre avec son chat sous le bras. Le greffier sera témoin que la rencontre des deux ex futurs tourtereaux se finira en deux coups de poing puissants. Le greffier du tribunal sera témoin qu'il est condamné à 450 EUR d'amende pour les gnons. Entre-temps, le tribunal aura appris qu'ils se sont beaucoup pardonné, qu'ils s'aiment comme des adolescents, que le chat va bien et qu'il ne recommencera plus. Il ignorera en revanche cette question cruciale: avait-elle effectivement couché avec le cousin, «ce qui était possible puisque vous n'étiez plus en ensemble», a noté le juge. .
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