8 avril 2009
On raconte que jadis, en rade de Brest, il y avait du pétoncle noir à faire fumier! Les marins-pêcheurs qui ramassaient la coquille et l'huître plate les emportaient quand même... pour les répandre dans les champs de fraise à Plougastel. Les gisements ont fini par diminuer dans le fond de la rade (Loumergat), pour se développer sur d'étroites zones aujourd'hui relativement bien fournies. Le coquillage, qui apprécie tout particulièrement les champs de maërl, se vend aujourd'hui plus cher que la coquille Saint-Jacques, soit entre 5 à 7EUR auprès des mareyeurs (contre 2,60 à6EUR pour la coquille).
Traits de cinq minutes
La majorité de la production de la rade s'en va approvisionner les étals du milieu de la façade Atlantique, très friands du pétoncle noir que l'on déguste frais, à la manière de l'huître, en avalant le muscle, la barbe et l'appareil digestif dans son ensemble. Le pétoncle récolté par les bateaux travaillant aux mêmes heures que la coquille s'affiche aujourd'hui, en comparaison au pétoncle blanc, comme un produit haut de gamme. Et là où l'on drague du pétoncle noir, on trouve également l'huître plate de la rade, la survivante locale après l'hécatombe des années70. À bord du Fanny, le coquillier en bois de 9m de Lionel Rousset (basé au Tinduff à Plougastel), l'immersion de la drague (les traits) n'excède pas cinq minutes. Moins imposante et dénuée de dent, contrairement à celle que l'on utilise pour la coquille ou pour la praire, la drague à pétoncle est tractée à faible vitesse etavance par à-coups, afin d'évacuer au fur et à mesure la vase etles algues.
Crépidules en force
Pour faire ce métier, il faut indéniablement aimer les crépidules qui tapissent les fonds de la rade. Sur une marée de deux heures, Lionel Rousset et son marin Jean-Jacques Genovois hissent plusieurs tonnes de crépidules, vivantes ou mortes, dans un magma de maërl qu'il faut méticuleusement trier plus de deux bonnes heures après le dernier trait. Comme pour la Saint-Jacques, les professionnels ont deux heures etpas une minute de plus pour faire leur marée, en moyenne entre 100 et 150kg de pétoncles ettrois à quatre caisses d'huîtres pendant les deux heures imparties. Le double quand Fanny a creusé le bon sillon.
On se promènera prochainement dans le jardin d'un ostréiculteur, avant de partir à la pêche à la seiche, très attendue ces jours-ci en rade de Brest.

26 mai 2012 à 06h41