18 novembre 2009 - 2 réactions
Venus du Maroc, de Roumanie ou d'Érythrée, ils ont fait le choix de devenir français. En plein débat sur l'identité nationale, une vingtaine d'hommes et de femmes ont reçu, hier, à Brest, leur nouvelle nationalité.
«Devenir français». Les mots sont inscrits sur l'écran d'un rétroprojecteur dans la salle de la sous-préfecture. Le buste de Marianne, les drapeaux français et européens, aucun symbole de la République n'a été oublié. Le sous-préfet Jean-Pierre Condemine pénètre dans la pièce, en uniforme, gants blancs à la main.
Dans la petite salle se sont massés des hommes et des femmes issus de tous pays. Maroc, Moldavie, Djibouti, Tunisie, Madagascar... Ils tiennent entre leurs mains les paroles de «La Marseillaise». L'ambiance est solennelle et gaie. Pour beaucoup, c'est la fin d'un long parcours, souvent difficile. Celui de l'obtention de la nationalité française.
Un choix volontaire
Que ce soit par le mariage, l'accession à la majorité ou le fait de résider depuis de nombreuses années en France, «l'obtention de la nationalité française n'est pas une simple démarche administrative. C'est avant tout le choix volontaire de chacun d'entre vous, souligne Jean-Pierre Condemine. Vous avez apporté la preuve de votre intégration sociale, culturelle et professionnelle, que vous savez parler, lire et écrire le français, et que vous connaissez et respectez nos lois». Les mots «droits» et «devoirs» sont répétés.
Invité à témoigner de son propre parcours, le docteur Noureddine Chahir raconte son arrivée en France à 18 ans, pour ses études de médecine. «Des premiers mois difficiles, la météo n'aidant pas». Rires dans la salle. «Et puis j'ai découvert l'importance du tissu associatif en France. Aujourd'hui, je suis moi-même président d'une association sportive».
Si ce n'est le long parcours administratif, «devenir français n'a pas été compliqué, explique-t-il, quand on commence à vibrer pour les couleurs françaises, à avoir des enfants français, à soigner les Français au quotidien...». «La diversité culturelle fait la richesse de ce pays, assure-t-il. Avoir comme moi la double nationalité, ce n'est pas non plus renier ses origines».
«La Marseillaise»
Les CM2 de l'école Jean-Macé entonnent alors «La Marseillaise», imités par le reste de la salle. Puis c'est la remise des 21 décrets de naturalisation. Un fils, une mère, une famille viennent chercher le précieux bout de papier des mains du sous-préfet. Un jeune Malgache s'approche. Le sous-préfet lui tend le document, serre sa main : «Je vous souhaite tout le bonheur possible dans votre nouveau pays».
«Devenir français, ce n'est pas renier ses racines. La diversité,c'est la richesse»

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